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Publié le 14 Mai 2015

Life

De Keiko Suenobu, édition Kurokawa, 2008, Manga

Résumé:

Au collège, Ayumu et Shii ne se quittaient jamais. Quand la première, d´ordinaire assez médiocre en cours, réussit à intégrer un prestigieux lycée alors que la seconde, pourtant très travailleuse, échoue, c´est le drame. Shii décide alors de rompre toute amitié avec sa meilleure amie. Profondément touchée par cette rupture, Ayumu commence à se mutiler trouvant dans cette pratique une échappatoire à son mal être. Ayumu se retrouve donc seule dans son nouveau lycée où elle peine à se faire de nouvelles amies, craignant de les perdre à nouveau. Mais elle fait la connaissance de Manami qui lui redonne une lueur d'espoir.

Mon avis :

Commençant tel un Shojo classique (manga pour les filles), on voit très vite que les thèmes qui vont être abordés sont difficiles, dérangeants, et surtout heurtant notre sensibilité. L'école est le lieu privilégié pour se confronter à la jungle des sentiments adolescents.

Nous suivons Ayumu, qui tente de faire son maximum pour entrer dans le même lycée que sa meilleure amie. En effet, le concours d'entrée à ce lycée prestigieux est difficile, et les notes d'Ayumu ne lui permettent pas encore d'y accéder par rapport à son amie. Elle se démène et travaille sans relâche, jusqu'à ce que ses points dépassent ceux de son amie. De là, Ayumu est confrontée pour une première fois à la réalité difficile de la trahison et de la haine.

La culpabilité intense que ressent Ayumu lui fait commettre ses premiers mutilations. La mangaka opte parfois pour les images choquent et certaines planchent sont tout de même difficiles, voire insoutenables car cela nous tirent des sentiments d’impuissance. Dans d'autres planchent au contraire, Keiko Suenobu utilisent des métaphores, tel Ayumu courant à perdre haleine dans une ambiance floue et sombre, montrant à quel point celle ci est perdue dans ses pensées.

Les planches sont "trash" car on voit parfaitement l'incision et la goutte de sang perler. C'est en même temps la force de ce manga car il n'est pas doucereux en esquissant à peine ce sujet difficile qu'est l'automutilation pour les adolescents.

Dans la seconde partie de ce tome, Ayumu rentre au lycée et rencontre d'autres personnes. Elle s'isole, mais parvient tout de même à nouer des relations amicales avec Manami. Mais on ressent déjà le malaise de cette rencontre.

Dressant le portrait de l'Ijime, ou harcèlement scolaire, Life est un manga percutant, qui aborde sans détour des sujets chocs. L’automutilation est déjà un thème assez peu abordé. Mais de nos jours où les paroles se délient, on se rend compte qu'il y a toujours autant de personnes qui restent cloitrer dans le silence.

Et ne vous laissez pas avoir par cette couverture tendre et gentille, la profondeur de la tristesse d'Ayumu est palpable du début à la fin. Et Life n'est qu'un représentation sans fioritures de ce que peut vivre un adolescent de nos jours. Mais pas tous heureusement.

En bref :

Une très belle découverte, mais à ne pas mettre entre toutes les mains.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Manga

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Publié le 23 Avril 2015

Snow Illusion

De Icori Ando, édition Komikku 2015, manga.

Résumé:

“On a dit qu’elle n’était peut-être pas humaine…” Dans une ville au bord de la mer, Susumu croise une femme venue d’on ne sait où. Son nom est Yuki. Elle est belle, travailleuse. Susumu l’épouse. Leur vie ressemble au bonheur... Jusqu’au jour où un autre homme sème le doute dans leur couple ! “Je cherche juste un homme avec lequel je pourrais vivre toute ma vie…”

Mon avis :

C'est dans le folklore japonais où l'on se plonge à présent, qu'est tiré cette histoire. Yuki en japonais signifie neige, et se rapporte à une femme qui apparaît subitement les jours de neige et disparaît un autre jour de neige, tout aussi soudainement.

Il s'agit d'un "one shot" : comprenez édition en un livre unique. Les dessins sont très poétiques, alliant romantisme et mélancolie. Le trait est léger, fin, subtil, et laisse tout de même ressortir une force de certaines scènes.

On suit Yuki, qui recherche le grand Amour, pas l'amourette de passage, mais le vrai amour, celui qui reste, perdure, celui qui fait vibrer... Et on suit également ses peines, ses colères face à la trahison. Ici, les hommes ne sont pas forcément bien représentés d'ailleurs : tantôt fourbes, tantôt faibles, ils finissent inévitablement par décevoir.

Yuki quant à elle est une femme simple, qui voue tout son temps à son foyer, à son mari, au travail de celui ci. Mais la relation et les efforts apportés sont ils suffisants?

Une fresque sur les relations amoureuses, les déceptions et les espérances. Un joli one shot, d'une grande émotion et d'une grande simplicité. Nous sommes peu habitués dans nos pays occidentaux face à ce genre de folklore, cela nous apporte une richesse et une connaissance suplémentaire.

J'apprécie d'autant plus ce style dépouillé et raffiné qu'il met en exergue multitudes de sentiments différents.

En bref :

A découvrir, à lire et relire, tel un conte d'Andersen ou de Grimm...

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Manga

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Publié le 4 Avril 2015

Spirale

De Junji ITO, éditions Tonkam, manga horreur/frisson

Résumé :

Kirié Goshima est le personnage principal et narratrice. Elle débute son récit dans les hauteurs de Kurouzu, ville qui sera le lieu où Junji ITO tissera la toile de la folie et du chaos. Son petit ami, Schuichi, est le premier à évoquer son père, fasciné par les spirales, jusqu'à ce qu'il soit "happé" par l'une d'entres elles. Les cas se multiplient, fascinants et dérangeants, toujours plus fréquents, et plus rien ne semble bientôt pouvoir freiner l’influence de la spirale sur les habitants de Kurouzu.

Mon avis :

L'objet livre :

Un livre très beau regroupant l'intégrale de Spirale. La reliure de la couverture est très évocatrice du contenu. Les premières pages en couleurs sont agréables. Un très beau livre, mais qui n'est actuellement plus édité.

L'histoire :

L'histoire de spirale est clairement destiné à un public averti. Les images qu'il contient sont choquantes, dérangeantes, et en même temps dégagent une fascination morbide. Il n'est clairement pas idéal pour un public jeune.

Manga d'horreur et de frisson, il tient ses promesses quant à la trame de l'histoire que l'on peut décomposer en deux parties :

- une première partie de chapitres uniques, évoquant l'influence de la spirale et ses enjeux

- une seconde partie servant plus à dénouer l'intrigue.

Mais Spirale, qu'est ce que c'est? On se retrouve dans le village de Kurouzu, où plane une sorte de malédiction. En premier, c'est le père de Schuichi, petit ami de Kirié (narratrice) qui est exposé à cette addiction et fascination pour la spirale. Je ne spolierai pas en disant ce qu'il advient de lui, mais la spirale prend possession de lui. Au fur et à mesure des chapitres, on découvre que de plus en plus d'habitants sont touchés par cette obsession, on assiste donc à des évènements paranormaux, tous du point de vue d'une jeune lycéenne (Kirié), mais la prise de conscience d'une telle malédiction vient de Schuichi, qui voit son père sombrer peu à peu dedans.

Le dessin est réaliste, avec une intensité dans les détails et les yeux des personnages. Ce principe de réalisme permet au lecteur de rentrer dans l'histoire, comme "happé" par les éléments. Le dessin met mal à l'aise, surtout pour les cadres les plus choquants où l'auteur met en œuvre tous les talents de dessinateur pour ne négliger aucun détail sur la mort de certains personnages. La violence des images n'est pas sans raison, elle dérange parce qu'elle sert de façon fascinante l'histoire de Spirale

L'histoire m'a beaucoup plu, les dessins agréables, autant que faire se peut, et accompagnent de façon cohérente l'histoire. Cette dernière est "dingue", surréaliste et extravagante. Et j'ai fortement apprécié cette distance entre une histoire incroyable et le réalisme de certaines planches. On saute à pieds joints dans d'innombrables scènes absurdes, de corps qui ondulent ou disparaissant dans le néant de cette folie confuse, dérangeante.

Mais... Je reste sur ma fin! Celle ci est amenée sur un fil conducteur, mais je me serais attendu à une explication plus extravagante ou plus impressionnante. Celle présentée par Junji Ito ne reflétait pas la pression et l'obsession de cette spirale. Je l'ai trouvée même "facile", car elle n'utilisait pas tous les codes d'obsession et de malédiction présentés tout au long de l'histoire : on se retrouve uniquement sur un espèce de "sur place" qui fait cruellement défaut à cette histoire. Ou alors est ce la volonté même de Junji Ito de ne pas avoir fait une fin "incroyable ou extravagante", nous laissant dans un malaise et un questionnement? Je suis peut être passée à côté de quelque chose.

Les thèmes abordés reflètent parfaitement notre société de sur-consommation : désirer un objet contre toute raison alors que nous n'avons pas forcément besoin de cet objet jusqu'à devenir l'objet lui même. Mais plus encore, l'obsession de l'amour, et on pense directement à la plus belle des histoires d'amour : Roméo et Juliette de W. Shakespeare : l'envie et l'obsession de l'être aimé conduit à une solution radicale dans les deux cas.

Par contre, lecture fluide, rapide et facilité par une suffisance des dialogues : on en dit parfois peu car les images se suffisent à elle même et l'effet de la spirale est là : hypnotisé par l'histoire et les images, le lecteur ne lâche son livre qu'à la dernière page.

A la fin de l'intégrale, on retrouve un essai de l'écrivain Masaru Sato. Celui ci traite de la spirale mais d'un point de vue économique et n'est intéressante que par les comparatifs apportés par cet ancien diplomate.

Et si vous n'avez pas votre dose de frisson, l'intégrale propose en plus une histoire spéciale tout aussi déséquilibrée !

En bref :

Bon, pour un public averti. Mais une édition attractive qui est un plus pour ceux qui aiment l'objet livre !

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Manga

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Publié le 31 Mars 2015

Le maitre des livres (Tome 1 à 4)

De Umiharu Shinohara, éditions Kommiku, Manga.

Résumé :

À la bibliothèque pour enfant "La rose trémière" vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu’il peut laisser paraître, c’est un professionnel de premier ordre. Aujourd’hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu’il leur trouvera le livre salvateur.
Une histoire passionnante centrée sur la littérature et Mikoshiba, le "sommelier du livre pour enfant".

Mon avis :

C'est après une soirée bien arrosée que Myamoto se retrouve dans une petite bibliothèque pour enfants située au fond d'un parc : "La Rose Trémière". Mikoshiba, le bibliothécaire, le reçoit de façon plutôt froide, normale après tout, Myamoto se met à vomir. Mais il ne le chasse pas pour autant de l'établissement et il va se sentir bien dans cette bibliothèque.

Manga + livres + bibliothèque + bibliothécaire qui donne envie à des enfants de lire + discussion autour de contes et histoires pas uniquement pour les enfants.... = ravissement intense pour moi !

Mes propos sont purement subjectif, et pour cause, je n'ai pas de superlatif assez bon pour exprimer mon contentement de lire un tel manga. Celui ci n'est pas une histoire continue avec une seule intrigue, mais il consiste en plusieurs chapitres abordant à chaque fois un personnage, mettant en avant les obstacles qu'il rencontre, et les solutions qu'il peut trouver grâce à ce bibliothécaire taciturne, mais terriblement attachant.

Umiharu Shinohara parvient à mettre en exergue des contes et des histoires dites pour enfant, mais avec une morale accessible à tous : l'adulte qu'on est oublie souvent les blessures de l'enfance et se forge une carapace tout autour, mais celles ci se ravivent, on se remémore un livre, un conte et nous voilà transporté dans l'univers des mots.

Il rempli un challenge difficile tout de même : car parler de livres dans un manga qu'on va lire, cela peut paraître monotone. Mais on ne ressent ni langueur, ni monotonie à la lecture de ces tomes.

Ici, on ne trouve pas de "blablatage" pour dire : "oh oui il faut lire les enfants, vous devez apprendre pleins de choses avec les livres". Non bien au contraire, il ne FAUT pas lire par obligation, mais prendre plaisir à le faire, peut importe ce qu'on lit, de la littérature ou des contes, on parvient toujours à s'évader et à se retrouver au travers des différents personnages.

Mikoshiba

C'est le personnage le plus charismatique, car malgré ses remarques, malgré son air strict, tout le monde ressent son amour et cette passion pour les livres et la lecture, mais surtout la transmission. Car lire un livre sans avoir envie de le faire connaitre, sans voir de personne avec des pépites dans les yeux, cela ne correspond pas à son travail de bibliothécaire. La passion des livres ne suffit pas, le partage est la clef.

La qualité des dessins m'a rendu admirative : le trait est fin, les expressions proprement dessinées, et il n'y ni vide ni bulle mal associée. Il y a une fluidité à lire.

Il n'y a rien qui m'a déplu dans ce manga, il rempli tout ce que j'attends : évasion, rêve, morale, histoire... Bref, un livre qui pourrait vraiment donner envie à tout le monde de se replonger dans la lecture de notre enfance.

Une citation qui m'a touchée :

"Le rôle d'un bibliothécaire est de donner envie aux gens de lire...ainsi que de trouver les livres qui pourraient plaire aux gens !
C'est parce qu'il y a des bibliothécaires capables de ça que l'on se rend dans les bibliothèques ! "

En bref:

Très bon! Vivement la suite !

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Manga

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