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Publié le 14 Mars 2016

L'aube le soir ou la nuit yasmina reza
L'aube le soir ou la nuit yasmina reza

De Yasmina Reza, édition J'ai lu, 2009, Témoignage Politique

Résumé :

Ils jouent gros. C'est ce qui me touche. Ils jouent gros. Ils sont à la fois le joueur et la mise. Ils ont mis eux-mêmes sur le tapis. Ils ne jouent pas leur existence, mais, plus grave, l'idée qu'ils s'en sont faite.

Mon avis :

Durant une année, Yasmina Reza suit celui qui se porte candidat à l'investiture de la Présidence de la République française en 2007. Il l'autorise de ce fait a assister au meeting, aux rendez vous et rencontres politiques.

Il y a assez peu de livres pour lesquels je n'ai pas trouvé d'intérêt. Cette lecture m'a paru lourde, longue, sans rien apprendre ni sur le côté "compliqué" et "difficile" de la politique. Bien entendu, Nicolas Sarkozy n'aurait jamais autorisé la présence ou même la diffusion de certains moments de sa vie. Ce livre se veut politiquement correct, sans rien apprendre ni de l'homme ni de sa politique.

Homme de terrain qui se passionne autant pour lui même que pour les propos qu'il peut tenir, j'ai trouvé certains passages "tapageurs".

Malgré l'écriture très poétique et fluide de Yasmina Réza, j'éprouve de grandes difficultés à parler de ce livre qui pour moi n'en est pas un : tout au plus une suite d'éléments, de note et de questionnement mis bout à bout.

En bref :

Difficile pour moi de vous encourager à découvrir ce livre : il a été pour moi une perte de temps, hormis pour les belles tournures de phrases d'un auteur de talent !

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Témoignage

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Publié le 12 Septembre 2015

L'être de sable

De Sonia Frisco, édition Slatkine, 2014, Témoignage

Résumé :

Hommage à son père Ce livre est le témoignage d'une tranche de vie d'un être de sable. Il raconte l'histoire triste et belle d'un jeune homme que le destin toucha un jour à jamais. Ses combats étaient bons, ses rêves simples; sa vie était une merveilleuse tragédie. Le sort continuait sa course folle et ravageuse, soutenu par les mains de complices qui exécutaient ses volontés.

La marée de la souffrance avec ses flots violents et dévastateurs continuait à s'abattre sur cet homme. Ainsi, à chaque vague, la corrosion de la roche s'accentuait, dans un mouvement perpétuel, permis et rendu possible par les actes des personnes qui servaient l'infortune. Ce n'est souvent qu'en revenant des endroits les plus sombres que nous sommes éblouis par la magnifique lumière du soleil.

Mon avis :

Qu'y a t il de plus beau et doux qu'un hymne à l'amour? En réalité peu de chose. Ce roman, en plus d'être un témoignage bouleversant de Sonia Frisco, est une ode à l'amour paternel.

Difficile de résumer son histoire. Elle a imbriqué l'histoire de son père au travers de ses derniers jours. Sans "Je", sans "Il", elle dresse ses personnages, comme éloigné d'elle même pour mieux porter leurs voix : Elle se présente elle même sous le nom de Giada. Petite fille qui découvre le monde sous les yeux de ses parents. Elle parle sans véhémence, sans violence, expliquant l'enchainement des événements jusqu'à la décision tragique de son père. Avec le recule qu'elle met dans écriture, les mots sont plus fort, on sent la retenue, la douleur, on sent également par moment des pauses, comme pour retrouver ce souffle perdu dans les méandres des souvenirs.

Le récit est centré sur trois jours importants : du 25 au 27 octobre 1975. On fait connaissance de Michel, de ses doutes et tiraillements dans ses décisions. On apprend à le connaître par des flashs back de sa vie, jeune garçon, jeune homme et des épreuves qu'il a vécu : du manque de communication avec son père, l'autorité sadique de sa mère.

Il rencontre Nadia, la femme de sa vie, celle avec qui partagera un déménagement vers la Suisse, la naissance leur petit trésor, les épreuves de la vie, toujours soudé par leur amour. Dans les moments de doute, où certains sentiments négatifs prennent le dessus, Giada devient son rayon de soleil, sa joie de vivre, sa raison d'être. Celle ci comprenait sans comprendre, trop petite alors, mais elle réussissait à faire de ses découvertes des événements dont son papa était à la fois fier et heureux.

Mais les vieux démons sont tenaces, ils restent agrippés telle de vilaines sangsues. Michel tient aussi bon qu'il le peut, mais chavire parfois, souvent.

Sonia Frisco signe ici un ouvrage sensible, poignant de par sa pudeur et l'espoir qui nait dans ce livre. Car malgré la profonde tristesse que j'ai ressenti, j'ai été happée par sa mélodie : les mots fredonnaient à mon oreille une mélodie mélancolique, mais qui tirait inexorablement vers l'avenir, là où l'auteur semble également nous emmener.

L'écriture, comme je l'ai souligné plus haut, est fluide, propre, avec un soupçon de méandre que j'ai apprécier : le fil conducteur changeait régulièrement de direction, comme lorsque les souvenirs nous assaillent et nous obligent à les affronter. Le vocabulaire est riche, par moment certaines tournures de phrase sont développées avec profondeur et d'autres avec légèreté. J'ai énormément apprécié ce mélange, cela m'a d'autant plus rapproché avec empathie et sympathie de sa propre douleur.

Témoignage difficile, mais empli d'amour. A tel point qu'on en ressort avec l'envie d'étreindre l'auteur pour la soutenir, mais en même lui sourire et se fixer sur l'avenir.

Il y a une poésie toute particulière dans ce livre. La dépression est un sujet encore tabou, car méconnu dans son ensemble. Maladie à part entière, elle isole, broie l''être humain de l'intérieur, sans raison ni patience. Michel, homme gentil, hypersensible, était atteint de cette maladie. Ce livre permet d'aborder ce sujet, et d'encourager les personnes à ne pas rester prostré dans leur silence.

Merci Sonia Frisco pour ce livre poignant et de nous avoir invité à partager ce moment de votre vie. Avec toute ma gratitude et mon affection.

En bref :

Un livre fort, qui vous étreint les tripes par son style à la fois simple mais complexe, une écriture poétique et un sujet traité avec douceur et compassion.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Témoignage

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Publié le 14 Juillet 2015

L'amant

De Marguerite Duras, édition de Minuit, 1984. Témoignage, Récit de vie.

Résumé :

Roman autobiographique mis en image par Jean-Jacques Annaud, L'amant est l'un des récits d'initiation amoureuse parmi les plus troublants qui soit. Dans une langue pure comme son sourire de jeune fille, Marguerite Duras confie sa rencontre et sa relation avec un rentier chinois de Saigon. Dans l'Indochine coloniale de l'entre deux-guerres, la relation amoureuse entre cette jeune bachelière et cet homme déjà mûr est sublimée par un environnement extraordinaire. Dès leur rencontre sur le bac qui traverse le Mékong, on ressent l'attirance physique et la relation passionnée qui s'ensuivra, à la fois rapide comme le mouvement permanent propre au sud de l'Asie et lente comme les eaux d'un fleuve de désir. Histoire d'amour aussi improbable que magnifique, L'amant est une peinture des sentiments amoureux, ces pages sont remplies d'un amour pur et entier.

Mon avis :

Ma première rencontre avec l'Amant de Marguerite Duras, fut le film de Jean Jacques Annaud. Celui ci traitait de la relation amoureuse qu'a entretenu la jeune fille avec un riche chinois. Il dépeignait les rencontres, les non dits de ces sentiments amoureux qui n'avaient de réalité que lors de leurs rencontres. J'ai toujours aimé ce film pour ce côté à la fois poétique et cette voix envoutante et troublante de Jeanne Morreau, dont je n'ai pu me défaire lors de la lecture du livre.

A la fin de ce livre, j'ai eu un coup de colère en moi même. L4amant n'est pas uniquement le résumé de cette rencontre. Marguerite Duras a pour moi utilisé le récit de sa relation avec cet homme pour parler avec dureté mais réalisme de ce qu'elle vivait dans sa propre famille.

Il y a une pudeur toute légitime, lorsqu'elle parle de son amant, car elle ne le décrit que par les relations et rencontres : un amant. La relation amoureuse, impossible, est refoulée, mise de côté pour éviter les questions et l'embarras. Plus qu'un amant, il a été le premier amour; celui qu'on ne peut oublier, malgré le temps et les épreuves.

Elle le rencontre alors qu'elle retourne à sa pension de jeune fille. Les mots échangés sont rares, l'alchimie fait le reste. Ils se rencontrent le plus souvent dans sa garçonnière. Elle fait face aux allusions, aux rumeurs, et garde la tête haute lorsque cette relation lui ai reprochée par une famille difficile à cerner.

Je ne peux m'appesantir plus sur cette relation, qu'il faut réellement découvrir par les mots de Marguerite et cette différence entre la raison et les sentiments.

"Il dit qu'il est seul, atrocement seul avec cet amour qu'il a pour elle. Elle lui dit qu'elle aussi elle est seule. Elle ne dit pas avec quoi. Il dit : vous m'avez suivi jusqu'ici comme vous auriez suivi n'importe qui. Elee répond qu'elle ne peut pas savoir, qu'elle n'a encore jamais suivi personne dans une chambre." (p.47)

Il y a une force dans l'écriture qui est à la fois proche et détachée. Mais ne faut il pas se détacher pour s'approprier davantage une histoire, ou simplement pour la raconter sans que les sentiments nous rattrape?

Durant tout le roman, on sent la peine, l'injustice, l'amour mais parfois la colère. L'écriture est très travaillée et j'aime ce style, qui veut qu'on soit happé par l'histoire, mais en même temps repoussé par l'auteur qui passe d'un sujet à l'autre, revenant sur des périodes de vie, puis à la relation difficile et compliqué avec sa famille : cette mère dont elle se détache, ce frère dont elle a peur, et l'autre frère, le plus jeune, qu'elle protège.

Derrière l'amant, il y a cette souffrance familiale, racontée sans pathos, avec une simple volonté de dire et raconter sa propre histoire.

Je deviens de plus en plus amoureuse de la plume de cette auteur qui parvient à me faire fléchir, et malmène mon cœur par des palpitations insensées. J'ai aimé cette lecture, mais je suis une fois encore déçue par la transposition à l'écran.

En bref :

"L'amant" est à la fois une histoire d'amour, une histoire de famille et une histoire de choix. Marguerite Duras parvient avec une plume délicate et râpeuse à la fois à nous transporter dans son monde, dans cette relation amoureuse et ces douleurs familiales.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Témoignage

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Publié le 17 Juin 2015

Mon ami Ben : Un chat sauve un enfant de l'autisme

De Julia Romp, édition Jean-Claude Gawsewitch, 2011, Roman, Témoignage

Résumé :

Comment communiquer la joie de vivre à son enfant lorsqu'il est atteint d'autisme ? C'est la question à laquelle se heurte, Julia, mère célibataire londonienne en élevant George, son fils de neuf ans, qui montre une grande violence envers les autres en général, et sa mère en particulier. L'arrivée d'un chaton aussi seul et perdu que lui va permettre au petit garçon de s'ouvrir aux autres et rendre à sa mère tout l'amour qu'elle lui a donné. Mais, un jour, cet équilibre retrouvé bascule. Laissé seul durant quelques jours, le chat Ben s'échappe. George se replie alors irrémédiablement sur lui-même tandis que Julia, sa mère, va se livrer à une quête désespérée pour retrouver le seul être capable de donner le sourire à son fils. Six mois passeront sans entamer sa volonté, et elle devra traverser le pays malgré la neige et les centaines de kilomètres, pour pouvoir enfin déposer Ben dans les bras de son fils pour Noël. Un témoignage bouleversant prouvant une nouvelle fois combien l'amitié entre l'homme et l'animal peut faire des miracles.

Mon avis :

Témoignage de Julia, mère célibataire élevant seule son fils Georges atteint d'autisme. Entre haut et bas, on suit dès le début de ce livre les questionnements de Julia, ses impressions de solitude et d'incompréhension qui entoure la prime enfance de son fils. Plus qu'un témoignage, ce livre reflète la réalité de la négation et du déni du corps professionnel.

Georges nait et Julia pense vivre avec lui une aventure pleine de surprise. Les jours passant, le comportement de Georges est toujours très difficile à canaliser : il n'est apaisé par rien, et met parfois des heures à trouver un peu de sommeil. ces courtes périodes de sommeil sont suivies par des périodes de cris et de hurlements, empêchant Julia de s'épanouir complétement dans un maternage tendre.

Incompréhensible situation, mais Julia reçoit de la part de tous les professionnels de santé qu'elle rencontre la même phrase : "ça ira mieux plus tard". Mais "plus tard", rien ne change, Georges entre à l'école, son comportement est difficilement gérable et il devient difficile de le maintenir dans une section dite "normale". C'est grâce à ce changement d'ailleurs qu'un professeur explique à Julia que derrière le comportement de Georges, il peut y avoir autre chose.

Le mot est alors posé :

Autisme.

Ils recueillent un jour un petit chaton égaré dans leur jardin : Georges le prend tout de suite en affection, et se tisse entre lui et ce petit chat un lien inaltérable : Ben fait partir prenante de la vie du garçon. Il l'apaise, et Julia observe de vrai signe d'amélioration de son état : elle parvient à avoir des discussions calmes avec son fils, il devient plus patient, plus calme et se contrôle de plus en plus. Mais lorsque Ben disparaît.... Le monde s'écroule.

Georges se renferme et Julia part en quête de Ben car elle sait qu'il est devenu la bouée d'amarrage de son fils.

L'autisme est méconnu, et pourtant, même pour moi qui suis dans le monde médical, en lisant ce témoignage je ne peux réprimer de la colère : les signes sont pourtant là, évidents, il faut se poser la question du comportement et ne pas rester bêtement sur l'excuse du "caprice". Mais cela prouve à quel point le personnel soignant est peu formé pour reconnaître les signes, peut formé pour accompagner les familles.

Désarroi, mais aussi force de caractère et confiance en son fils. C'est ainsi que l'on peut résumer Julia : être maman n'est déjà pas chose facile, mais face à un enfant malade, atteint de troubles difficiles à gérer, les ressources employées pour son bien être sont démultipliés : une peur toujours plus ténue de ne pas être la hauteur et le bonheur de Georges en ligne de mir.

Face à la maladie, elle est tout de même très entourée, par sa famille, le papa du garçon, des amis. Mais le quotidien reste difficile à gérer, et les nuits de sanglots nombreuses. Mais Georges lui donne foi, et elle continue de se battre pour lui, pour leur bonheur. Et Ben reste présent à leur côté.

En bref :

Comme pour "La démesure" de Céline Raphaël, je ne peux donner de "critiques" de ce livre. Ni bon ni mauvais, "Mon ami Ben" est à prendre pour ce qu'il est : un témoignage difficile et une lueur d'espoir pour les parents qui se sentent découragés par la pathologie de leur enfant. Des mots simples, mais qui nous touchent profondément.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Roman, #Littérature Témoignage

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Publié le 1 Avril 2015

La démesure

De Céline Raphaël, aux éditions Max Milo, Témoignage.

Résumé :

« Céline est privée de nourriture, battue des années durant, enfermée. Elle craint chaque week-end pour sa vie, travaille, travaille encore, pour briller et jouer les pianistes prodiges en gardant le secret sur l’horreur de sa vie familiale. Et autour d’elle, un silence assourdissant. Comment suspecter l’horreur de la servitude sous les atours de l’excellence ? L’exigence absolue de la perfection qui devient justification de tous les excès et de tous les abus et qui mystifie l’entourage d’autant plus facilement que cette esclave n’est pas affectée à une tâche de souillon mais à une production artistique réservée aux élites ? » Daniel Rousseau.

Mon ressenti :

Avoir un avis sur ce livre serait pour moi avoir un avis sur ce qu'a vécu Céline Raphaël. Et je ne peux me le permettre.

Elle dépeint ici le tableau d'un père autoritaire, violent, uniquement centré sur les prouesses artistiques de sa fille, oubliant en cela son humanité : elle devient objet de ses obsessions. Elle vit l'enfer depuis sa prime enfance, ouvre son cœur en posant des mots sur les maux et retrace son parcours, semé de coups de ceinture, de cris, de hurlements, de solitude, de culpabilité... et d'espérance.

La vie du père tourne autour du piano qu'il lui offre lorsqu'elle a deux ans et demi. Depuis, sa vie a pris une tournure cauchemardesque.Anorexie, insomnie, angoisse. La vie de Céline n'est plus une vie : elle survie à son quotidien, meurtrissant son corps et s'évadant comme elle le peut dans son monde imaginaire. Elle le peuple grâce à ses lectures.Les moments de répit sont peu nombreux, elle ne peut échapper à l'omniprésence de son bourreau.

Elle évoque également sa mère et sa sœur, qui elles n'ont pas subit les mêmes atrocités. Elle essaye de les protéger, évitant de se montrer car les coups n'ont jamais été portés devant des témoins au début. Et elle ne se confiera pas.

La sortie de l'enfer se fait par la nécessité de survivre.

Est ce que le livre dérange? Assurément. Il ne dérange pas par sa présence dans la presse, mais parce qu'il évoque cette réalité des enfants maltraités. Encore sujet tabou, on essaye de prouver que l'enfant dit la vérité, au lieu de l'accompagner en confiance vers un "mieux être". Les appels au secours qu'elle esquisse ne sont pas compris, elle se sent alors isolée, seule à vivre dans cette bulle épineuse.

Après la dénonciation, Céline passe par les témoignages, : police, juge, tribunal... Mais elle en ressort, se confronte à sa réalité et s'en suivront des mois de placements divers et la lutte pour ne pas perdre sa famille : celle ci est accusée et punie par la justice, et découle de cela une grande culpabilité d'avoir brisée sa famille.

Les violences faite aux enfants ne sont pas uniquement le fait d'alcoolique ou de miséreux. On retrouve des bourreaux dans n'importe quel tranche de la population, car l'horreur n'a pas de visage.

Un témoignage tout en pudeur, qui choque et perturbe nos émotions : comment rester insensible? La réalité de l'horreur n'est jamais bonne à dire, elle dérange. Qui? Les personnes qui ne voient pas ou ne veulent pas voir une réalité à laquelle ils ne sont pas préparés. Ils préfèrent faire l'autruche, parfois pour se préserver, parfois pour éviter d'être happé dans l’horreur : comment y survivre?

Pour aller plus loin, j'utiliserai un mot qui est souvent revenu durant mes années d'études (d'infirmière), introduit en France particulièrement par Boris Cyrulnik : "la résilience" qui consiste à prendre acte d’un traumatisme tel que le deuil, abandon, violence sexuelle, guerre, et à apprendre à «vivre avec», voire même à le dépasser. Céline y est elle parvenue?

Arriver à écrire ce livre a été sans aucun doute un traumatisme de plus à surmonter, mais une victoire sur soi même, car revivre le passé en le posant par écrit et en prenant à nouveau conscience de ces actes a du être effroyable. Mais en même temps, un soulagement : on ressent l'inquiétude, mais la prose reste posée, sans métaphore ni exagération. L'exposé des faits à lui seul suffit à placer le lecteur dans une position délicate : devenons nous confident? sans aucun doute, mais avec un regard bienveillant à poser sur ces blessures, tel un baume cicatriciel...

Un récit brutal, difficile à terminer. Mais à lire, pour ne pas oublier, pour aider et pour libérer les paroles.

A la fin de son introduction, Céline nous fait une demande :

"Écoutez-moi".

J'ai écouté l'histoire, je l'ai entendu, et je la porte. Comme une part de ce chagrin trop lourd à porter seule.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Témoignage

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