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Publié le 7 Mai 2015

Petites coupures à Shioguni

De Florent Chavouet, édition Philippe Picquier, 2014, polar

Résumé :

Kenji avait emprunté de l’argent à des gens qui n’étaient pas une banque pour ouvrir un restaurant qui n’avait pas de clients. Forcément, quand les prêteurs sont revenus, c’était pas pour goûter les plats.

Mon avis :

Avec Petites coupures à Shioguni,Florent Chavouet met tout son talent dans une courses poursuites avec un chef cuisinier, une jeune fille, un trio de gangster aussi doué qu'un trio de clowns, et des policiers pas très malins. Parlons des illustrations. Au bas de l'article, je vous ai mis des photos tirés du livre. Pour ceux qui n'ont pas l'habitude, cela peut paraître étrange. Mais en y regardant bien, il y a un vrai travail de perspective.

Les dessins sont réalistes sans être des portraits. Très colorés, ils représentent parfaitement le quotidien. de plus, cela change totalement du style BD ou manga. Cela dérangera sans doute les néophytes, mais pour les connaisseurs, nul doute qu'ils vont apprécier... De plus, le cadrage est très bien réfléchi car il n'y a rien à redire : c'est fluide et on se laisse vraiment embarquer dans l'intrigue.

Parlons de l'histoire :

Intéressante, différente, avec une dose d'humour piquant et bien amené! J'avoue avoir été bluffée car ici, Florent Chavouet se lance dans un vrai polar. Certes, il n'y a pas de mort, de sang dans toutes les pages. Mais un bon polar ne se résume pas à ça. le développement de l'intrigue est très brillant, et les rebondissements savoureux! Le livre est vraiment beau. Sans superlatif car il n'en a pas besoin : ce livre est beau.

Les éditions Picquier ont fait un excellent travail pour rendre ce livre inhabituel. Car attendez vous à ne pas le lâcher : ce livre ce lit d'une traite! et il ne se lâche pas. On trouve des illustrations, des formats BD, des coupures de presse, des notes dans un dossier. Et c'est la magie du dessin de Florent Chavouet : arriver avec ses crayons à un travail aussi abouti!

En bref :

J'aime les dessins de Florent Chavouet : un mélange d'audace et de Réalisme! ^^ A découvrir

Petites coupures à Shioguni Petites coupures à Shioguni

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Polar

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Publié le 29 Mars 2015

Sukkwan Island

De Didier Vann, aux éditions Folio, pollar.

Résumé:

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar...

Mon avis :

En fermant le livre : "Non c'est pas possible... Quoi? Mais c'est que... Enfin...!!!!"

Eh bien oui, à la dernière phrase, j'ai pu reprendre mon souffle car ce livre m'a tenu en haleine comme rarement un livre ne l'a fait.

Le style :

Une écriture réfléchie, un vocabulaire riche et foisonnant, des idées et sensations clairement exprimés et clairement ressentis. L’effet est là, on est sous la couette et on n'arrive plus à se réchauffer.

L'histoire :

On se retrouve avec Jim et Roy, sur l'île de Sukkwan. L'auteur dresse déjà le décor de ce huit clos entre Jim, le père, et Roy, le fils : de grands espaces, une nature et un décor glaçant pour un huit clos suffocant. La nature, froide, sauvage, vierge, n'est pas un élément hostile au duo, mais au contraire leur permet de survivre. Le séjour quant à lui est souhaité par le père, qui a acheté une petite cabane, et souhaitait emmener son fils pour vivre un an avec lui, et survivre à l'hiver. C'est même au début une obsession. Cela s'avère étouffant, épuisant : les terres glacées sont difficiles à apprivoiser. Mais à l'épuisement physique s'ajoute l'épuisement psychologique : le père se confie à son fils, 13 ans qui acquiert de la maturité au fil des pages.

Mais l'histoire, dérangeante, est difficile à dépeindre sans faire de spoil,. Ces événements tragiques vont se succéder et nous amène sur le terrain du voyeurisme : on aimerait reposer le livre, on voit ces scènes qui se succèdent, tantôt brèves, tantôt soutenues. Mais la lecture est addictive et empêche le lecteur de quitter le trou de serrure devant lequel il s'est placé.

On passe par différent ressenti tout au long du livre : énervement, compassion, questionnement malgré un début difficile. La solitude, l'enfermement sont ici très prégnant et éprouve le lecteur qui se retrouve comme transporté en acteur d'une scène à laquelle il ne pourra rien changer malgré l'envie de le faire.

Je n'ai pas lu les précédents livres de David Vann, mais j'avoue que celui ci me donne une envie impérieuse de poursuivre la découverte.

Le gros reproche? Une lecture sans ponctuation de dialogue qui m'a par moment désarçonné quant à la prise de parole. On s'y fait progressivement mais cela m'a empêché de me mettre de suite dedans.

Un livre à lire mais pas pour tout public : les thèmes abordés sont par moment choquants et dérangeants, et posent question quant à notre propre relation avec les membres de notre famille et nos comportements : les non dits et les actes manqués, mais aussi la profondeur des relations humaines.

En bref :

Excellent !

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Rédigé par Sabrina

Publié dans #Littérature Polar

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