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Publié le 14 Mai 2016

Comment Blandin fut perdu

De Jean Philippe Jaworski, édition Folio, janvier 2016, Nouvelle

Résumé :

Pour avoir dessiné encore et encore, avec un talent ensorcelant, le visage de madone d'une jeune moniale aux yeux verts, le novice Blandin est chassé du monastère de Havreval. Le jeune enlumineur entame alors sur les routes du Vieux Royaume son apprentissage auprès d’'Albinello, talentueux peintre sur fresque itinérant. Blandin dépassera-t-il son obsession amoureuse? Et l’élève surpassera-t-il le maître?
Dans un univers de fantasy d’une richesse rare, deux récits pour découvrir le talent exceptionnel de Jean-Philippe Jaworski.

Mon avis :

Dans ce petit livre se dressent deux mondes foisonnants d’imagination. Je découvre la plume de l’auteur et son monde où la nouvelle tient des codes auxquels je suis peu habituée.


Dans la première nouvelle, Jaworski nous parle de guerre, de bataille et donne l’idée d’une politique au temps moyenâgeux : le siège de Montefellone. Dans ce récit, le personnage principal n’est ni grand, ni fort, mais tout en tactique et en réflexion. Ce personnage n’est autre que la guerre elle-même. J’ai été plutôt désarçonnée par le langage militaire permanent, les tactiques plusieurs fois expliquées et commentées. Le vocabulaire était particulièrement vide d’émotion, en ce sens où il ne reflétait que des faits. Les deux cités en conflit, Ciudalia à Léomance, montrent ce qu’il y a de plus absurde dans la bataille, mais aussi ce qu’il y a de plus méprisant : la « hauteur » du Seigneur et son bon vouloir. Mais il y a de la beauté dans ce texte : le lyrisme épique de la bataille permettra au lecteur de se situer non en spectateur, mais en acteur de cette scène.


Dans la seconde nouvelle, nous rencontrons un peintre qui prend pour apprenti Blandin, un jeune moine rencontré chez des religieuses. Celui-ci est totalement obnubilé par la beauté et le visage d’Ama, une religieuse qu’il a rencontré. Si les sentiments amoureux sont dépeints comme fil conducteur, ils ne sont pas plus présents dans le texte. L'auteur accapare notre attention sur le comportement de Blandin et le questionnement de maitre. Ce qui frappe le lecteur en premier, c’est cette excellence de l’auteur à dépeindre les fresques murales, le touché du pinceau, l’intensité des couleurs. L’obsession de Blandin le conduira à des agissements à la limite du Toc. La fin de l’histoire déroute, et amuse également : Jaworsji parvient à sublimer l’art en apportant à son intrigue une fin toute particulière. Et on retourne en arrière pour voir ce qui nous a échappé.

La guerre et l'art.

Deux thèmes qui sont déjà riches de sens. La guerre a été à plusieurs reprises le terrain d'histoire et d'intrigue. Mais je la retrouve ici présentée comme si elle était personnage principal.

L'art nous offre une palette dans l'imaginaire, et les représentations que nous nous en faisons peuvent aller du "Da Vinci Code" de Dan Brown à "L'Histoire de l'art" par Ernst Hans Gombrich (qui est sans contexte une très belle introduction à l'art pour des novices). Mais ici, l'art est l'instrument de l'obsession, et Jaworski en use sans en abuser : les fresques grandioses qui sont décrites nous permettent d'avoir l'image devant les yeux.

En bref :

Deux nouvelles qui ont su me faire apprécier le style de l’auteur, mais surtout son écriture : un talent poétique pour nous subjuguer, de la bêtise de la guerre, à la beauté de l’art !
À lire !

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Nouvelle

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Publié le 8 Août 2015

Après le tremblement de terre.

De Haruki Murakami, édition 10/18, 2000, Nouvelles

Résumé :

Japon, 1995. Un terrible tremblement de terre survient à Kobe. Cette catastrophe, comme un écho des séismes intérieurs de chacun, est le lien qui unit les personnages de tous âges, de toutes conditions, toujours attachants, décrits ici par Haruki Murakami. Qu'advient-il d'eux, après le chaos ? Séparations, retrouvailles, découverte de soi, prise de conscience de la nécessité de vivre dans l'instant. Les réactions sont diverses, imprévisibles, parfois burlesques... Reste que l'art de Murakami est de montrer, avec modernité et délicatesse, la part d'ombre existant derrière les choses et les êtres, invitant le lecteur à y déceler le reflet de ce qu'il porte en lui-même. Reconnu comme l'un des plus grands auteurs japonais contemporains, Haruki Murakami est traduit dans de nombreux pays. Aujourd'hui, la critique, unanime, s'accorde à voir en lui un futur lauréat du prix Nobel de littérature.

Mon avis :

Haruki Murakami était aux Etats Unis lors du tremblement de terre de Kobe en 1995, à Princeton. Cette catastrophe le submerge et bouleverse quelque chose en lui : il ressent un besoin quasi viscéral de revenir à ses racines.

Les six nouvelles que comprennent le livre exposent au lecteur les catastrophe comme elles sont ressenties par la population : leur vie se transforme, quelque chose est rompu en eux.

L'écriture de l'auteur :

Comment ne pas tomber sous le charme de cet auteur qui parvient à créer une atmosphère, un monde en quelques lignes. Il a ce génie dans l'écriture, une prouesse artistiques qui émeut. Le verbe est bien choisit, il n'y a pas de futilité ou de longueur dans le texte. Chaque mot à sa place, et c'est ce que j'apprécie dans l'écriture de Haruki Murakami : les mots sont justes et pertinents. Haruki Murakami a aussi cette délicatesse de ne jamais laisser les portes se refermer à la fin d'une de ses histoires : au contraire, liberté est laissé au lecteur d'imaginer la suite, la fin comme il l'entend. Cela permet aussi d'imaginer que ses personnages poursuivent leur vie, sans fin, comme tout un chacun.

Piochant des moments de vie simples, il en crée un monde à part, et c'est avec fascination qu'on découvre au fil de la lecture qu'un moment simple comme un feu de plage peut être rempli de force et de puissance.

Les nouvelles :

Au nombre de six, elles sont énigmatiques et les thèmes récurrent sont la solitude, le vide, la mort, l'autre. Elles sont semblables par leur puissance métaphorique mais aussi par ce côté impalpable, une sensation brumeuse d'avoir englouti le bonheur au fond de soi et de ne pas arriver à en retrouver le chemin.

  • Il y a l'histoire de cet homme qui s'en va vers Kushiro à la demande d'un de ses collègues. Son épouse ne cessait de regarder les informations sur le drame de Kobe et a finit par disparaître. Seul repli pour lui, partir, et sans destination, c'est son collègue qui lui offre l'opportunité d'aller ailleurs, loin de ce drame. Il y fait la rencontre de deux femmes...
  • Sous le voile de la nuit au bord de mer, et dans l'observation extatique d'un feu de camp, Miyake et Junko essayent de comprendre ce qu'ils sont, et expriment parfaitement cette sensation de vide.
  • Vient ensuite une recherche d'identité, d'un jeune homme, fils du Seigneur comme le lui a répété si longuement sa mère. Il prend conscience de son être et de sa normalité. En recherchant son père il se trouve lui même.
  • Sous fond de Jazz, Satsuki décide de rester en Thaïlande après son séminaire et de prendre une semaine de repos. Durant toutes ses sorties, elle se pose des questions, se remémore des moments passés. La musique la suit, le chauffeur de taxi qui l'accompagne partout se fait miroir de ses questionnements.
  • Crapaudin sauve Tokyo d'un terrible tremblement de terre avec l'aide de Katagiri. Dans les mythes japonais, les séismes sont causés par un poisson chat Namazu, et on retrouve toutes ces croyances dans un récit incroyable.
  • Triangle amoureux, complexité du sentiment amoureux et non dit. La dernière nouvelle tangue, avance et recule à mesure que les protagonistes révèlent la vérité sur leur sentiment, avec l'application d'une petite fille au centre de l'histoire, aussi espiègle qu'adorable.

Le mystère entourant ses nouvelles et cette sensation d'envoutement est propre à Murakami : il n'est nul besoin de suspens pour apprécier son écriture, et on retrouve dans ces nouvelles le savant mélange de la suggestion, du rythme lent et lancinant de la vie et aussi de l'espérance. Aucune nouvelle ne finit de façon abrupte, et cela permet au lecteur d'imaginer la suite.

Plus que des nouvelles, Murakami donne du sens au quotidien, et au lieu d'exprimer uniquement l'horreur du séisme, il se projette et essaye d'imaginer dans ses nouvelles les retentissements sur la population japonaise : marquée et meurtrie, elle essaye de survivre, malgré les changements intrinsèques à leur vie.

On ne garde pas en mémoire au long de cette lecture ce séisme, on oublierait presque ses ravages, telle une cicatrise que l'on essaye d'atténuer.

On note aussi cette impression liée à toutes les histoire : on a l'impression en lisant ces nouvelles qu'il y a une menace toujours présente, et qu'il faut toujours s'attendre à ce quelque chose se produise.

En bref :

Avec art et subtilité, Haruki Murakami parvient à nous faire sentir la solitude et le vide que laisse après son passage une catastrophe tel que le séisme. Avec poésie et douceur, il expose des moments de vie, simples et terriblement addictifs. On en aurait encore plus.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Nouvelle

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Publié le 14 Juin 2015

Leur coeur gros comme des cailloux

Merci à Babelio de m'avoir permis de découvrir ce livre bouleversant dans le cadre des "masses critique"

De Cécile Chartre, Édition Alice, Collection Chapelier fou, 2015, Nouvelle, Rommance

Résumé :

Il y a la mer. Eternelle, immuable. En face de la mer, il y a ce banc. Eternel, immuable. Sur ce banc, tous les jours, de 8 heures à 20 heures, il y a la vieille. Eternelle, immuable. Aux pieds de la vieille, il y a le mignon chien-chien. Et à côté de la vieille, il y a le tas de cailloux, bien ronds, petits, mais qui doivent faire mal si on les lance fort. Puis arrive un jeune. Qui ose s'asseoir sur le banc. Qui ose caresser le mignon chien-chien.

Au bout d'un moment, il s'est penché vers le chien. Et il lui a demandé ce que tout le monde se demandait. Il a dit : - Mais qu'est-ce que tu fais là, toi ? Ou un truc dans le genre. - J'attends Théodore. Ca, c'était la réponse à la question du jeune. Le chien était super mignon, mais fallait arrêter de faire peser trop d'espoir sur son dos. Parler, il ne savait pas. Alors, on était bien obligé de se rendre à l'évidence. C'était la vieille qui avait répondu.

Mon avis :

Le sentiment amoureux est l'un des plus complexes au monde : à la fois éternel et fugace, intense et léger, il est ce qu'il n'est pas et reste impalpable. L'amour est sans doute le thème de la littérature le plus souvent traité, esquissé, parodié : on tue par amour, on fait des miracles par amour : de l'amour nait la vie, de l'amour on se languit... Il n'y a pas d'âge pour aimer ou pour parler d'amour, avec passion ou amertume, chaque personne évoque ce sentiment à sa manière comme il la vécu. On parle d'amour, à tout âge, à tout moment de notre, mais que faire lorsqu'on aime et attend l'amour depuis si longtemps.... Comment se voiler la réalité et vivre dans ces espérances jusqu'à oublier le raisonnable?

Roman court, "Cœurs de cailloux se lit comme un témoignage, un moment de vie et d'amour.

Un jeune garçon aborde une vieille femme assise chaque jour face à la mer en parlant au chien qui l'accompagne. Elle lui répond chaque jour, invariablement qu'elle attend Théodore, l'homme dont elle est éprise. Elle lui raconte sa rencontre, les étoiles dans les yeux, de cet homme sur lequel chaque femmes se retournaient. Elle se raconte, avec pudeur. Chaque jour, lorsqu'elle lui demande si lui a déjà embrassé une fille, il s'invente une nouvelle vie, se raconte, et finit par se confier. Et puis ces cailloux, qui font un lien dans cet emmelement de sentiment.

Deux générations s'opposent, se cherchent et se rejoignent : jusqu'à ce jour où... Je ne peux révéler ce qui déclenche la découverte du narrateur de ce livre. Mais avec un pincement au cœur, on découvre ces amours impossibles mais qui tiennent par delà les années.

Sans minauderie, le style est simple, se lit vite mais s'imprègne dans l'esprit du lecteur. On se doute assez vite de la fin, même si on finit par s'étonner de la dernière page. Il se lit comme une histoire qui se raconte, comme une confidence, sentant par moment les tripes se brouiller et les sentiments se mélanger.

Le livre court se suffit à lui même : il n'est pas utile de creuser davantage et de sombrer dans des évidences. J'ai aimé cette simplicité dans le texte et dans le verbe, car l'amour en devient un sentiment normal et accessible, loin des promesses narrées dans diverses romances insaisissables.

Avec un gout de réalité, on s'enchante et finit par se poser des questions : on referme le livre avec un gout amer, une incompréhension et une envie de changer le court des évènements pour laisser à cette dame le loisir de combler ces longues journées d'attente.

L'objet livre est très soigné et rajoute au plaisir de la lecture.

En bref :

Sans qu'il s'agisse du nouveau Shakespeare, on prend le récit pour ce qu'il est : on y parle d'amour, impossible et déraisonnable, avec toujours tapis dans le cœur un espoir.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Nouvelle, #Littérature Romance

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Publié le 10 Juin 2015

Le Diable
De Léon Tolstoï, édition Folio 2004, première édition 1911
Résumé :

Le Diable est une nouvelle écrite en 1889 mais achevée en 1909 et publiée à titre posthume.

Irténiev, propriétaire terrien, est un homme sérieux, qui gère son domaine avec efficacité et rigueur. Marié à la douce et fragile Lise, romantique amoureuse qui l'idéalise, Irténiev fait de son mieux pour être à la hauteur. C'est sans compter sur Stépanida, une belle paysanne impudique, au regard de braise, au corps vigoureux et à la peau laiteuse, qui met tous ses sens en émoi...

Mon avis :

Irténiev est un jeune homme célibataire qui noue une relation avec une paysanne du nom de Stépanida, femme mariée. Issue d'un milieu social différent que celui d'Irténiev, celui ci la quitte pour une femme de son rang.

Il ne croise plus la jeune paysanne pendant longtemps et vit avec Lise des amours sans problèmes. Cependant, ayant besoin de monde pour le travail de la propriété et de l'exploitation, Irténiev revoit Stépanida, et la passion qu'il pensait éteinte le taraude sans cesse, malgré l'amour qu'il porte à sa femme. Il cherche a revoir Stépanida, tout en faisant en sorte de l'éviter. Il en vient à en discuter avec son oncle, afin d'alléger le fardeau de sa culpabilité.

Sur fond d'infidélité, Tolstoï dresse avec finesse et maitrise les sentiments de culpabilité et les tourments que génère cette tentation. Le style de narration est fluide, on ressent par moment une lourdeur de style, mais elle est vite effacée par le rythme de cette nouvelle.

On peut se demander la raison qui a poussé l'auteur à écrire ce texte sur une longue période : l'infidélité est tabou, principalement à cette époque où le milieu socio culturel prônait sur les ambitions et désirs personnel : ainsi, Irténiev craint à la fois de peiner son épouse, mais également du quand dira t on.

Remplie de sensualité, de douceur, cette nouvelle est également cinglante, la fin étant un dénouement dont on aperçoit bien vite les contours. Malgré tout, un texte réflexif et novateur pour l'époque, abordant des sujets plus tabou encore qu'aujourd'hui.

Une découverte également du style de Tolstoï : fourni, fluide, parfois un peu ronflant, mais sans fioritures inutiles.

En bref :

A découvrir pour le style de Tolstoï et la maitrise de son œuvre. Un texte court, mais intense.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Nouvelle, #Littérature Romance

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Publié le 13 Avril 2015

L'ennemi

De Erich Maria Remarque, édition Le livre de poche, 2013, Nouvelle

Résumé :

"Au dessus de ces champs semblent se dresser les années perdues, les années qui n'ont pas été et qui ne trouvent pas le repos - le cri de la jeunesse anéantie trop tôt, fauchée en pleine course." E.M.R

La guerre - La Grande Guerre -, et la vie qui reprend. L'inhumanité des combats, le difficile retour à la vie civile, les souvenirs obsédants. Dans ces six nouvelles qui parurent après son exil aux Etats-Unis, l'auteur de A l'ouest rien de nouveau montre à quel point le militarisme et le nationalisme sont des machines à décerveler et à tuer et livre un réquisitoire sans didactisme et sans pathos contre la bêtise et l'inutilité de toutes les guerres.

Mon avis :

Je n'ai lu que très peu de livres concernant la Première Guerre mondiale. Celui ci se présente sous forme de nouvelles, brèves, emplie d'humanité et de tristesse. Elles retracent avec mélancolie les conséquences de la guerre : l'originalité pour moi est de présenter sous l'œil d'un allemand, mais en montrant bien que la jeunesse sacrifiée était la même.

En premier lieu, un lieutenant évoque sa rencontre avec des prisonniers de guerre français, et la prise de conscience qui en découle : ces hommes étaient comme lui

Dans la seconde nouvelle, on est face à la ténacité et à tout l'amour que porte une femme à ramener son mari du traumatisme vécu durant la guerre. Ainsi elle l'accompagne, longuement, dans le silence, mais toujours proche de lui sur les pas qu'il a fait jadis durant ces moments terribles.

Puis nous suivons Karl, qui au retour de la guerre dans son village quelques années plus tard, revit les événements.

Dans la cinquième nouvelle, c'est l'échec de prise de contrôle d'un bateau qui vaudra à Johann et ses compagnons d'infortune de se retrouver au goulag durant 15ans.

Gerhard aime Annette. Celle ci ne se rend vraiment compte des sentiments de celui-ci que lorsqu'il sera trop tard.

Enfin, E.M Remarque évoque le silence, lourd et pesant qui accompagne la fins d'une bataille.

Ces nouvelles sont tout en poésie, et douceur triste. Les événements sont évoqués à demi mot, ce qui donne davantage de force à ce récit.

En bref :

Un livre à découvrir, remarquable de finesse pour appréhender les suites de la guerre.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Nouvelle

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