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Publié le 17 Avril 2016

La forêt des murmures

Par Aurélie Genêt, chez Nats Editions, Aventure, Fantasy, 2016

Résumé :

Tout était sombre.
La forêt n’était plus que noirceur, tel un soir d’été quand un orage violent va s’abattre. D’ailleurs, le bruit qui se dégageait des feuillages agités malgré l’absence de vent assourdissait plus qu’un grondement de tonnerre continu.
Au milieu de cette obscurité surgissaient de partout des rubans d’or éthérés. Ils s’enroulaient autour des troncs, se détendaient, se tordaient en tous sens, laissant dans leur sillage des gerbes étincelantes.

Suivez Amadis dans sa quête de revanche sur les mystérieux mais terribles occupants de La forêt des murmures, les Darlaz.

Mon avis :

Adamis est un jeune homme qui devra faire face dès les premières pages, à une situation qui le conduira à quitter son village, les personnes aimantes qui l'ont accompagné dans la vie, l'univers familier dans lequel il a grandi.
Accompagné de sa fidèle mule blanche, il arrive à Sagois, ville qui sera pour lui source de révélation importante. Mais avant d'y arriver, il devra faire face à l'attaque des Darlaz alors que lui et ses accompagnateurs coupaient en pleine forêt. Il fera connaissance avec Elrène, chef de cette population.
Au fur et à mesure de l'aventure, Adamis fait face à de nombreux choix qu'il devra prendre : mais est-il prêt à les faire ? En a-t-il les ressources ?

Difficile de résumer ce livre sans risquer de trop en dévoiler, car même court, il est si bien travaillé que nous sommes embraqués dans l'intrigue dès les premières pages. Nous retrouvons d'ailleurs tous les thèmes chers à la fantasy, mais sans sombrer dans le "Dark" : l'imaginaire, mais aussi cette atmosphère médiévale. Cela sert parfaitement l'histoire, car à certains moments, j'aurais pu penser lire un récit dont l'intrigue se déroule au moyen-âge.

L'ambiance générale du livre n'est pas sombre, mais est à chaque moment ponctuée d'incertitude. On le ressent davantage dans les moments où Adamis se retrouve au côté de sa mule blanche, repère important pour lui. Je ne comprenais pas pourquoi l'auteur insistait régulièrement sur la blancheur de la mule, mais lorsqu'un nœud de l'histoire est dénoué, chaque pièce du puzzle s'assemble.
Le livre regorge de descriptions, sans être lourd Elles permettent au contraire de bien cerner les lieux, de leur donner vie et de les "voir" durant la lecture. Ainsi, la Forêt des murmures, les châteaux, la crypte sont des personnages tout aussi bien présentés que les protagonistes principaux. Le souci du détail demeure entier.

Aurélie Genêt utilise la langue française à la perfection et de façon précise, et chaque phrase est rédigée sans précipitation. C'est d'ailleurs l'un des plaisirs du livre : du début à la fin, il n'y a pas de changement de style ni de répétition ou de précipitation dans le texte. Au contraire, les scènes sont bien travaillées et permettent aux lecteurs de rester concentré dans le texte.
Je suis restée parfois perplexe lors de certains dialogues : certains passages étaient parfois "trop bien tournés" et on sentait moins de spontanéité dans ces dialogues. L'effet moyenâgeux.
Les personnages sont décrits moins dans leur physique que dans leur personnalité. C'est d'ailleurs ce que j'ai le plus apprécié dans cette description : l'auteur permet donc au lecteur de se les représenter. Elle précise des points précis comme le regard, la couleur des cheveux, sans entrer dans une description trop appuyée. Leur caractère par contre est bien décrit, autant dans leurs actes que leur parole. Avant qu'Adamis ne possède toutes les cartes en main, son comportement était semblable à chaque adolescent : spontané et pas toujours réfléchi. Mais c'est aussi ce qui fait qu'on s'y attache.

Une lecture agréable, d'un niveau littéraire élevé et précis. Premier récit que je découvre de l'auteur, à qui j'en veux personnellement de cette fin, en toute bienveillance. Elle ose laisser le lecteur dans un tel état qu'une suite est obligatoire pour répondre à toutes les questions qui sont nées. :-)

En bref :

Une lecture qui permet de se promener dans l'imaginaire. Quel plaisir de se plonger dans ce monde! L'auteur a un talent certain pour raconter les histoires.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Fantasy, #Littérature Aventure

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Publié le 13 Avril 2016

Jeff Madison et les ombres de Drakmere

Merci à Laure Valentin, traductrice du livre, de m'en avoir proposé la lecture.

De Bernice Fischer, édition Autoédité, Fantasy, Jeunesse, 2016.

Résumé :

Et s’il existait un royaume sombre, forgé sur de terribles sortilèges, avec à sa tête un roi malveillant dont le seul but est d’infiltrer les rêves des enfants du monde entier ? Et si, avec l’aide d’une sorcière maléfique, il parvenait à injecter dans le sommeil de chaque enfant les cauchemars les plus affreux ? Et si, pour cela, la seule chose dont il avait besoin était un garçon en particulier ? Lorsque Matt, le frère de Jeff, est capturé et emporté dans le royaume de Drakmere, Jeff sait qu’il doit le sauver. Mais qui sont ces hommes mystérieux qui se dressent en travers de sa route ? Et que veulent-ils dire quand ils affirment que Matt est un attrapeur de rêves ? Bientôt, Jeff se retrouve face à un choix : il peut suivre les inconnus à travers la porte au clair de lune qui mène vers les dangers de Drakmere ou rester chez lui et courir le risque de ne plus jamais revoir son frère vivant. Le temps presse, car Jeff doit se décider avant que le dernier rayon de lune s’éteigne et que le portail se referme à jamais…

Mon avis :

Jeff et son jeune frère Matt son tous les deux dans la forêt avec leur ami Rhed lorsqu'ils sont attaqués par la brume. Rhed sauve in extremis Matt lorsque ce dernier se faisait emporter par la l'enveloppe brumeuse. N'en croyant pas leurs yeux, ils reprirent une activité normale jusqu'à ce que Matt se retrouve emprisonné dans une transe étrange, incapable de réagir avec la réalité.

Une nuit pourtant, l'enlèvement de Matt se produit sous les yeux de son frère. Un homme tente de l'arracher à cette brume, mais il échoue. Il promet à Jeff de revenir tout lui expliquer et de l'aider à ramener son frère de Drakmere

Madgwick et Rig sont deux guerriers, dont le rôle est de ramener le jeune Matt dans le monde des humains. Ils sont Sandustiens, nés pour protéger les rêves des enfants. Revenant auprès de Jeff, ils lui expliquent leur rôle et l'importance pour eux de trouver la porte qui mènera au royaume de Drakmere. Celle-ci, une fois franchie par les deux guerriers, restera faiblement ouverte laissant le temps à Jeff et Rhed de se décider si oui ou non ils seront du voyage.

Un premier pas dans le monde de la fantasy.

La fantasy est un vaste domaine, difficile d'ailleurs d'en faire le tour complet tant il peut y avoir de choses à découvrir. En un tome, Bernice Fischer parvient à allier l'ensemble des figures de la fantasy : des sorcières au dragon en passant par les guerriers, la magie ou les mondes imaginaires. L'imagination permet d'ailleurs de se projeter plus avant dans l'histoire.

Bien entendu, la lectrice qui sommeille en moi aurait aimé que les personnages soient plus fouillés, moins "lisses" et l'intrigue plus complexe. Mais le livre doit être replacé dans son contexte : il s'agit d'une lecture jeunesse, dont les préadolescents vont pouvoir se délecter avec plaisir et curiosité. L'histoire se compose de différentes intrigues, l'auteur y répond progressivement, ln laissant pas le jeune lecteur dans une attente majeure, mais développera en lui l'envie de découvrir leurs nouvelles aventures.

Ce qui m'a le plus plu, c'est l'aventure tissée entre des enfants et des adultes. Nombre de fois, nous voyons les enfants réussir des quêtes et des aventures seuls, aidés par des adultes de façon disparates comme dans Harry Potter, ou alors sans aucun adulte comme dans Autre Monde. Ces deux dernières sagas s'adressent également à un public plus âgé.

Cependant, la présence des adultes dans ce présent tome n'est pas qu'anecdotique : ils accompagnent, conseillent et rassurent les garçons face aux épreuves et au courage dont ils doivent faire preuve. Force du livre à mon sens, les jeunes enfants auront des repères tangibles pour poursuivre l'histoire.

Les éléments de fantasy sont bien menés : leur apparition n'est ni surchargée ni transparente : le juste poids est donné, sauf peut-être dans la description. Là encore, un jeune public préfèrera des actions plutôt que la contemplation d'une scène. Mais le pays des Sandustiens et de Drakmere manquaient parfois de représentations. Peut-être dans un prochain tome découvriront nous en tournant les pages, ces pays et personnages de l'imaginaire dessinés. Un plus pour ce genre de livre et ce jeune public.

Des personnages attachants.

Je me suis attachée assez vite à Madgwick, guerrier charismatique alliant force et compréhension, qui sera sans nul doute un bon mentor pour Jeff, Rhed et Matt. Il possède le calme nécessaire au combat, mais aussi l'empathie qui le pousse à la protection des enfants, à les comprendre et leur parler comme à un égal.

Les enfants quant à eux sont réfléchis, et très vite font preuve d'assez d'ouverture d'esprit pour faire face aux épreuves et en apprendre plus d'eux même. Angie est pleine d'humour et apporte un grain de folie très appréciable dans cet univers. Quant à Rig... Il a parfaitement la figure du sérieux. Mais qui se déride.

Le style de l'auteur est agréable, le vocabulaire abordable et les tournures de phrase compréhensibles pour le jeune lecteur. Les sentiments sont bien expliqués, et les réponses données de façon régulières afin de ne pas perdre le lecteur dans des événements successifs. Un vrai plaisir pour se familiariser avec cet univers!

En bref :

Une découverte agréable, que je conseille vivement aux parents qui auraient envie de faire découvrir la fantasy à leurs enfants, en apportant d'autres personnages auxquels ils pourront s'identifier.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Jeunesse, #Littérature Fantasy

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Publié le 16 Août 2015

L'Epouvanteur, tome 1 : L'apprenti-épouvanteur

De Joseph Delaney, édition Bayard Jeunesse, 2005, Jeunesse, fantasy, héroic fantasy

Résumé :

" L'Epouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation. Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur. Ils sont fragiles, veules ou lâches. Ils se font payer fort cher de bien maigres services. Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir. Il faut que quelqu'un le fasse. Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures. Tu es le seul qui en soit capable. " Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l'Epouvanteur du comté. Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire... Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l'horreur commence...

Mon avis :

Dans la digne lignée des livres d'aventure, celui ci nous transporte dans un univers emprunt de légende et de mythe. Une plongée direct dans l'imaginaire de Joseph Delaney : à la fois prometteur et addictif.

Découvert il y a peu, je m'étonne encore une fois de ne pas avoir eu l'occasion de lire ce livre plus tôt : placé dans la catégorie jeunesse, je me suis surprise à rester attachée à mon livre jusqu'à en connaître le dénouement. Avec une plume à la fois fluide et pertinente, je ne me suis pas alanguie durant certain passages, et les moments de tensions étaient contés avec brio car je ne me suis pas sentie lésée au moment de ma lecture. Bien au contraire, j'apprécie la fin de ce premier tome pour l'ouverture vers d'autres aventures mais pour avoir su clore une partie de l'intrigue en laissant l'imagination faire le reste.

Nous suivons Thomas Ward, appelé Tom, qui est le septième fils d'un septième fils. Ce détail a par ailleurs toute son importance dans l'histoire. Il est choisit pour devenir l'apprenti Epouvanteur, et possède également une particularité : voir ce qui ont par exemple trouvé la mort, en face de chez lui sur la colline du Pendu.

Il va suivre son maître jusqu'à la ville de Chippenden et débuter son enseignement par la découverte d'une vie solitaire, en reclus malgré l'appréciation du travail de l'Epouvanteur : à la fois respecté et craint, personne ne s'approche de sa maison qui fait à la fois office de maison, mais aussi de "prison" aux sorcières se trouvant enterrée dans son jardin.

Il rencontrera une jeune fille, du nom d'Alice qu'il pense être une sorcière qui l'aide lorsqu'il se retrouve en mauvaise posture auprès des garçons du village. Mais la contrepartie est terrible et oblige le jeune apprenti à mettre en pratique ses premiers enseignements. Son maître a commencé à lui enseigner les prémices des connaissances nécessaires à être Epouvanteur. Mais plus important, il lui offre un cahier relié en cuir où il notera lui même ses propres découvertes. Ainsi, les leçons théoriques trouvent un écho à ce que va vivre Tom.

Bien que le livre soit catalogué "livre jeunesse", j'ai trouvé un plaisir non dissimulé à me plonger dans un univers épique, rempli de songes hantés, de sorcières fantômes et autres créatures étranges. Le plus de ce livre est en effet d'éviter de raconter une histoire "propre" : on traine dans la boue, on survit durement et on fait face aux intempéries. Livré aux affres de la Nature, on en fait une alliée lorsqu'il s'agit de survivre, ou de combattre.

La mise en place de l'intrigue est menée de telle façon qu'on a l'impression d'en être le héros : on suit Tom, on devient nous même un peu son compagnon.

L'apprentissage n'est pas linéaire, et j'ai apprécié la façon dont l'auteur a su montrer l'importance du courage et de la force intérieure : même munie de la meilleure arme, si nous ne montrons pas de logique ou de réserve, la force brut ne sert à rien. Joseph Delaney pose les premières pierres d'une épopée, et je pense prendre plaisir à découvrir les aventures de Tom : ce premier tome laisse plusieurs questions en suspend, et la suite de la lecture promet d'être remplie de surprises.

De plus, la tension du livre m'a souvent nouée l'estomac et j'ai fébrilement tourné les pages, espérant en mon for intérieur découvrir encore plus de cet univers incroyable.

En bref :

Une découverte très agréable, un univers mystique rempli de sorcières et de magie noires. Un livre jeunesse qui a tout d'un grand!

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Fantasy

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Publié le 19 Mai 2015

Le géant enfoui, Coup de coeur

De Kazuo Ichiguro, éditions Les Deux Terres, 2015, Fantastique, héroic fantasy, aventure, romance.

Résumé :

Axl et Beatrice vivent un amour constant qui a résisté aux années. Ils décident de faire un voyage pour rejoindre leur fils, parti depuis longtemps. De nombreux obstacles se dressent sur leur chemin, parfois étranges, parfois terrifiants, et mettent leur amour à l'épreuve. Leur parcours est une métaphore de nos vies à tous.

Dix ans après Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro revisite, dans Le Géant enfoui, les thèmes shakespeariens qui traversent son œouvre : la mémoire et l'oubli, la confiance et la haine, la vengeance et la justice. L'histoire d'’Axl et Beatrice, une allégorie du monde moderne, est dores et déjà un monument de la littérature.

Mon avis :

Dans une atmosphère romanesque, emplie de légende, Kazuo Ichiguro nous invite à nous plonger dans un questionnement profond sur la mémoire : qui sommes nous, quelle est notre nation? Comment notre esprit fait la part des choses entre ce dont il se souvient et ce qu'il oublie? Est ce que les faits les plus négatifs de notre vie méritent de rester dans notre mémoire ou mieux vaut il les oublier afin d'avancer vers un mieux être et un monde serein?

Entre La légende du roi Arthur et Le Seigneur des anneaux, Le Géant Enfoui est également l'histoire d'une quête, où l'amour, le sentiment d'appartenance et la fratrie sont importants. Complexe dans son ensemble, le livre ne laisse pas de marbre tant il pose des questions.

Nous allons suivre Axl et Béatrice, un couple de personnes âgées et sans âge. Il vive dans un village où chaque personne a un rôle et une fonction. Béatrice fait la connaissance d'une femme aux abords du village qui la conduit à se poser la question de ses souvenirs : ces derniers, éparses, s'effacent doucement. Ayant peur d'en oublier jusqu'à son existence, elle convainc son époux, Axl, d'entreprendre un voyage, de village en village pour aller voir leur fils. Ce dernier a quitté sa famille de nombreuses années auparavant et ils souhaitent à présent le revoir, avant de l'oublier. Ils sont Bretons.

Durant leur périple, ils rencontrent dans un village Saxon Wistan, un guerrier qui a arraché à des ogres un garçon Edwin. Ce dernier, un adolescent, est renié par les siens à cause d'une étrange morsure sur son torse reçue lors du combat qu'a mené Wistan. Le couple accepte de faire route avec eux afin de conduire le jeune Edwin dans un village où il ne sera pas inquiété par les superstitions.

Leur chemin, de montagnes en vallées, de forêts en sous bois, leur fait rencontrer le chevalier Gauvin. Ce dernier est le neveu du grand roi Arthur qui lui a confié comme mission de tuer le dragon Querig qui sévit dans la région.

Souffrante d'un mal la faisant boiter, Béatrice souhaite poursuivre leur voyage en passant par un monastère, afin de rencontrer le moine Jonus pour qu'il puisse soigner ses douleurs. De là, les péripéties deviennent bien plus sombres. Les protagonistes comprennent alors les raison des pertes de mémoire des populations entières : car parfois ce qui a été dis une heure avant est perdu dans les limbes de l'oubli.

Un amour inconditionnel uni Axl et Béatrice. Sans que cela épique, impossible ou incroyable, ils ont conscience que l'un sans l'autre ils n'y arriveront pas. Soutenant toujours Béatrice, Axl fait fi des souvenirs qui lui reviennent progressivement et ne dévoile à sa bien aimée aucun trouble ni animosité. Une belle histoire à mon sens, et une fin... A découvrir.

Outre cette histoire d'amour dont on parle dès la quatrième de couverture, cette épopée arthurienne est envoutante, entêtante et très addictive. On peut être choqué ou troublé tout du moins par ce Haut Moyen Age, car on ne s'attend pas à ce genre d'histoire. J'avoue même qu'au début il faut un petit temps d'adaptation, mais le premier chapitre passé, on ne parvient plus à poser ce livre.

Empreint de réalité tout comme de fantastique, ce roman a tout d'une aventure : les combats d'épée, le dragon, le chevalier en armure... Mais le tout est raconté sans rage, avec minutie. On apprécie d'autant plus les scènes de combat à l'épée, car tel une caméra miniature, on suit chaque mouvement, chaque contraction musculaire et chaque oscillation de la lame.

Loin du Trône de Fer de Georges RR Martin et du Seigneur des anneaux de JRR Tolkien, Le Géant Enfoui s'en rapproche malgré tout : il y a un mystère envoutant à vouloir créer une mythologie de l'Angleterre.

Le thème le plus important du livre reste à mon sens le Souvenir : depuis de longues années, la région est en proie à l'oubli. Béatrice a surnommée ce phénomène une Brume qui retire les souvenirs. L'enjeu est donc de les retrouver. Mais Béatrice, en le souhaitant, a en même temps une peu car les mauvais souvenirs, méritent ils d'être retrouvé? Est ce que cela aura un impact sur les relations avec Axl?

Lorsque j'ai refermé le livre, je l'ai embrassé! Oui je suis folle, mais j'ai été tellement enchantée de vivre cette histoire, tellement admirative de ces enjeux et surtout de la clairvoyance dont fait part tous les personnages.

Kazuo Ichiguro a mis 10 ans a l'écrire. Et Jusqu'à la fin il m'aura tenu en haleine, parfois avec ardeur, parfois avec mélancolie. Je suis si triste qu'il soit terminé...

En bref :

Un coup de cœur tellement j'ai aimé découvrir cette atmosphère brumeuse et enveloppante. Une histoire qui tient en haleine et qui donne envie de garder précieusement ses souvenirs...

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Publié le 6 Avril 2015

Aeternia, tome 1 : La marche du prophète

De Gabriel Katz, édition Scrineo, Fantasy

Résumé :

Leth Marek, champion d'arènes, se retire invaincu, au sommet de sa gloire. Il a quarante ans, une belle fortune et deux jeunes fils qu'il connaît à peine. C'est à Kyrenia, la plus grande cité du monde, qu'il choisit de les élever, loin de la violence de sa terre natale. Lorsqu'il croise la route d'un culte itinérant, une étrange religion menée par un homme qui se dit prophète, l'ancien champion ignore que son voyage va basculer dans le chaos. À Kyrenia, où l'on adore la Grande Déesse et les puissants du Temple s'entredévorent, une guerre ouverte éclate entre deux cultes, réveillant les instincts les plus noirs. La hache de Leth Marek va de nouveau tremper dans le sang. Le plus violent des combats est celui que l'on mène contre ses propres croyances.

Mon avis :

Aux premières pages d'Aeternia, j'ai été ravie de me retrouver dans une atmosphère de "déjà connue". En effet, cela me faisait penser aux livres de Karen Miller : "Impératrice de Mijak", ainsi que celui d'Ange : "Ayesha". Ce dernier est en passant une merveille que j'ai adoré ! En effet, je qualifie ce style de "fantasy médiévale" car on se retrouve toujours dans une ambiance similaire à cette époque, comme immergé dans un monde parallèle.

Le décor tient la route, des plaines en château à la cité de Kyrenia : les descriptifs sont très visuels, et on ne se perd pas inutilement dans des détails fastidieux. Ici, l'auteur le dresse en s'appuyant sur les éléments que l'on imagine aisément si nous regardions la scène en face. Un plus indéniable car cela capte l'œil, l'ouïe et l'imaginaire.

On accompagne les protagonistes, avec envie et bienveillance. Les personnages sont singuliers, présentés sans atours, dans un souci de réalisme. Ainsi, les mesquineries des religieux, la perfidie d'autres sont bien amenées et bien qu'on ne les apprécie pas, on s'y attache et on aime les détester. Les "méchants", sont méchants, et les "gentils" le sont lorsque l'on se place de leur côté. Tout est question de point de vue et de comment celui ci est apporté. On note également que la complexité des personnages tient en leurs choix pour survivre, aucun manichéisme là dedans.

J'ai beaucoup ri durant ma lecture : certains dialogues sont un régal!

Cependant, l'intrigue ne capte pas par une intensité et un suspens croissant. Il nous tient par un savant mélange de régularité et de cohérence : on s'intéresse aux personnages, on veut en apprendre plus sur eux. Dans ce genre de lecture, on s'attend à voir des morts, des massacres, des exactions et des crimes. Ici au contraire, Gabriel Katz parvient avec brio à ne semer que des indices. Mais cette régularité fascine, tout comme la perversion politique de ces religieux.

Comment ne pas repenser à ce qu'a vécu la France et de nombreux pays et peuples ces dernières semaines avec ces attentats...

Mais le génie de l'auteur réside à la fin du livre, où il n'a besoin que de 2 ou 3 pages pour finir tel un couperet ce premier volume. Car on peut s'attendre à tellement de scénarii possibles, lorsque se présente à la toute fin un scénario dont on n' avait même pas effleuré la possibilité, alors oui, la lecture est réussie, le suspens sans nom.

Et j'irai plus loin en disant que Gabriel Katz fait parti de ces "auteurs sadiques" qu'on adore, qui aiment torturer leurs lecteurs pour leur bien! Car j'ai hâte de me plonger dans les prochaines pages du futur tome et de découvrir les livres de cet auteur...

Une lecture à découvrir !

Un mot sur l'objet livre : une magnifique couverture d'Aurélien Police. Très représentative du contenu.

En bref :

Très bon! On en demande encore!

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Fantasy

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