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Publié le 8 Décembre 2015

Le découvreur de trésors

Merci à Babélio ​et aux Editions Salvator pour ce beau partage

De Christine d'Erceville, édition Salvator, 2015, Jeunesse, Conte

Résumé :

J'étais bien seul dans ma maison, quand un drôle de bonhomme surgi de nulle part me dit : « Pourquoi caches-tu cette pierre précieuse dans ta cheminée ? » Puis il disparut, avec la pierre dans sa main ! Vite je courus à sa recherche, à la poursuite de mon trésor. Les chapitres sont tous de la même longueur pour faciliter le découpage de la lecture du conte en plusieurs fois.
Illustration de la phrase d'Évangile « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Évangile selon saint Matthieu),

Mon avis :

Le découvreur de trésor... Un titre qui donne à l'imaginaire le goût du voyage, du plaisir et de la découverte.
Le personnage se remémore et nous conte son aventure avec un petit bonhomme qui a trouvé un trésor dans sa maison. Ce jeune garçon, un ramoneur, était tombé dans sa cheminée. Interloqué, l'homme a réfléchi au contenu de ce trésor, mais surtout à sa véracité. En pensant avoir trouvé ce dont il s'agissait, il décide de poursuivre le jeune ramoneur afin de lui reprendre son trésor.

Il rencontre des personnages atypiques et attachant et révèlent eux aussi leur rencontre avec ce jeune garçon, mais aussi de leur propre trésor. Il finit par retrouver sa trace, et à comprendre l'importance de ce trésor.

Il est facile en achevant cette lecture de faire un parallèle avec St Exupéry : tel un enseignement de vie, nous savons tous que "l'essentiel est invisible pour les yeux". Ce petit conte nous révèle la force de cette croyance et de cette vérité : nous sommes encore trop impliqué dans un formatage de cette société de consommation. Nul doute d'ailleurs que nous perdons tous quelque chose de cette authenticité à apprécier les choses simples de la vie : nous sommes habitués à notre confort et au plaisir de celui ci.

Ce conte jeunesse nous montre qu'il y a bel et bien un autre chemin possible : celui de la simplicité. Le trésor découvert par le petit ramoneur n'est pas un trésor d'une grande richesse financière, ou donnant accès à des sphère importante de la géopolitique. Il permet simplement de se rendre compte que les choses qui nous rendent heureux sont parfois des objet dont la richesse est émotionnelle, ou alors nous permet de nous révéler dans nos aspects créatifs : nous rend vivant.

Faisant partie de la collection Famille, "Le découvreur de trésors" fait partie d'un cycle de "contes pour bien grandir". En ces temps de fêtes, il est important de se remémorer ces moments simples de nos vies ou ces objets qui nous font du bien : apprend à nos enfants que l'essentiel n'est pas dans la recherche effrénée de pouvoir et d'argent est une chose importante. Il s'agit de les centrer sur les trésors qui les habitent et qui font partie d'eux mêmes.

Nous sommes tous en recherche de ce trésor, et cette lecture a achevée de me faire sourire jusqu'à la dernière ligne, car trouver le bonheur est parfois aussi simple que regarder en soi et voir qu'on abrite non pas un mais sans doute des milliers de trésors.

Encore un peu jeune car il n'a que 2ans et demi, je sais que je lirai ce livre à mon fils, pour qu'il comprenne qu'à mes yeux il a tout d'un trésor, mais qu'il comprenne aussi que ce qu'il a en lui est beau.

En bref :

Une lecture qui laisse un gout d'apaisement après lecture... A lire et relire, et à partager avec nos enfants!

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Jeunesse, #Littérature Conte

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Publié le 7 Août 2015

La chèvre et les deux Orphelines. Contes et fables.

De Mama Berraho, édition Persée, 2011, Contes

Résumé :

Dans la cabane, ne vivaient que deux petites orphelines, et le bon instinct de la chèvre, les a conduites à la fortune en se mariant aux fils du roi... Toute la nuit, la louve avait réchauffé le bébé. Les louveteaux n'en étaient pas jaloux, mais pourquoi leur mère se mettait-elle en danger ? Le petit garçon s'agrippait sur le dos du dauphin qui disparaissait dans les profondeurs. L'enfant faisait des promenades sous-marines et revenait à la surface, heureux... Dame Fourmi est prisonnière dans un bocal ; elle n'est pas seulement prévoyante, elle sait parler au roi ! L'homme et le chien sont solidaires, énergiques, et vont devenir de bons amis. Les deux amis se sépareront de manière tragique. L'un mourra, et l'autre sera emprisonné pour son acte impardonnable. Le paysan se mariera trois fois pour subvenir aux besoins de sa famille et devenir riche !...

Attrayant et accessible à tous, illustré de contes et fables ancestraux, ce recueil permet de s’attarder sans difficulté sur les faiblesses de la vie quotidienne et d’en tirer des vérités importantes. Il propose une lecture divertissante, aux schémas variés, et des morales incontournables. « La vie ressemble à un conte ; ce qui importe, ce n’est pas sa longueur mais sa valeur. » Sénèque

Mon avis :

Bercée par les contes des Milles et une nuits, les Frères Grimm ou encore les contes d'Andersen, rien de plus normal pour moi d'être encore aujourd'hui attirée par la magie et l'imagination née de ces histoires courtes.

Je vous présente ici 2 petits livres de Mama Berraho. Je vous les présente les deux en même temps car l'un n'est que peu dissociable de l'autre : les deux contiennent plusieurs contes. Les sujets traités en sont variés, étoffés de folklore et de superstition. Ils sont également durs, crus et ne laissent que peu de place à la douceur. Telle la vie elle même, ces contes traitent de sujets difficiles pour certains, mais la plume de l'auteur adoucit la sensation de dureté.

Les sujets traités :

Plusieurs sujets différents sont traités dans ces deux livres : la famille, le pouvoir, le rapport à la fortune, mais aussi le regard sur le monde. On se trouve baigné dans une atmosphère où sultan et vizir se côtoient, et où les Djinns, des génies, se tapissent dans l'obscurité. Cette ambiance n'est pas sans rappeller comme je l'ai présenté plus haut, celle de Shéhérazade et de ses Mille et une nuits.

La famille par exemple : dans "La chèvre et les deux Orphelines", les deux petites filles vivent dans une pauvre cabane après la mort de leur maman, veillées par leur chèvre. Cette dernière est devenu en plus de leur animal de compagnie, une protectrice. Le lien unissant les deux sœurs est puissant, et met en exergue le sentiment d'appartenance.

L'amitié : dans "Chien et Chat", le chien est jaloux du chat, car celui ci peut rester dans la maison, bien couvé. Une mauvaise blague du chien interdit l'entrée dans la maison au chat. Mais ce dernier fait une action qui est à la fois intelligente et gentille pour qu'il puisse retourner au chaud dans la maison.

La trahison : dans "Les deux Amis", on voit le mauvais côté de l'être humain ressortir, et également sa cupidité. Mais la trahison ne reste pas impunie, car toute vérité finit par sortir.

Dans chaque sujet, une moralité importante, car même cruelles, les actions ne restent pas impunies.

L'écriture :

On apprécie le style littéraire de l'auteur pour sa simplicité et son sens du verbe : peu de mots compliqués, des situations toujours pertinentes racontées avec application. La façon de raconter les histoires est intéressante, car on imagine aisément un conteur déclamer les mots pour une assistance curieuse.

Parfois durs, cruels, les contes ne se veulent pas hautains : ils esquissent une réalité cruelle, injuste parfois. Le fait d'avoir une atmosphère différente des contes les plus connues hormis les Mille et une Nuits, permet une mise à distance des événements tragiques : en effet, on ne rencontrera pas d'ogresse, de puits asséchés ou de Sultan dans nos pays occidentaux. Mais on peut transposer aisément les situations à ce que l'on connaît chez nous : il ne sert à rien d'amasser de fortune car on ne l'emporte pas dans sa tombe, que l'on soit postier, Vizir, Sultan, ou pêcheur.

La profusion des contes permet de profiter d'une imagination intéressante. Je le déconseillerai personnellement aux plus jeunes, car il faut avoir une certaine distinction du bien et du mal pour comprendre les nuances et actes des personnages. De plus, certaines situations sont malgré tout difficiles, voire choquantes, et du coup non adaptées à un tout jeune public. Mais on y trouve des histoires très courtes et abordables.

L'édition :

Le point faible. Je n'ai pas compris la présentation de l'éditeur, le tout aurait pu être tellement plus agréable avec de petites illustrations et un format moins "scolaire". Les pages de garde ne reflètent pas non plus l'imaginaire des contes, ce qui est regrettables car si on n'est pas attiré par l'esthétique du livre, on passe à côté d'histoires passionnantes! En espérant peut être de nouvelles éditions plus adaptées à l'univers des contes. On peut en apprécier la lecture dès 7 ans.

En bref :

Plonger dans l'imagination débordante d'une auteur avec du talent de conteuse : on retrouve avec plaisir l'univers orientale des Mille et une Nuits, aux côtés de personnages aussi hétéroclites que les situations contées.

A découvrir et partager!

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Conte

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Publié le 25 Septembre 2013

Le bureau des chats

De Kenji Miyazawa, éditions Philippe Picquier, 2009

Résumé :

Un recueil de contes inédits par l'une des grandes figures littéraires du Japon, dont l'humour et le merveilleux ont toujours, comme chez Andersen, une résonance intime et douloureuse. Dans un univers de fantaisie et de mystère, ces histoires ont parfois la saveur des fables et ce sont souvent de vrais drames qui ont lieu, dont les protagonistes sont des enfants, des animaux, des plantes ou même des étoiles. Ce n'est pas dans l'intention de divertir les enfants qu'il les écrivit : il portait en lui la nécessité d'écrire ces contes destinés à un âge universel.

Mon avis :

Le bureau des chats de Kenji Miyasawa est un recueil de contes mêlant humour et imaginaire grandiose d'un grand auteur japonais. Le plus est qu'il met en scène des animaux ou des plantes qui ont les mimiques, défauts et excès des humains, mais aussi le plus souvent leur douceur et leur originalité!

Léger et poétique, ce livre est une invitation à l'imagination, chaque page découvrant des récit touchant, dénonçant les travers des humains avec enthousiasme et intelligence.

Je suis une grande fan de la littérature japonaise, car on y retrouve ce qui manque à nos cultures occidentales : une poésie légère et sincère, un rythme comme soufflé par le vent de l'imaginaire.

Miyasawa encourage l'auteur à se poser les bonnes questions, à se défaire aussi d'une lourdeur du quotidien. La nature y est héroïne, les animaux des héros. La lutte du bien contre le mal est vivace et est loin de notre image manichéenne de la vie, même si elle s'en rapproche. Il n'y a pas, comme pour La fontaine, une petite parole de morale, le conte entier est morale!

Ainsi, on suit avec amusement les aventures des deux frères jumeaux vivants dans le ciel et subissant les affres de la constellation du scorpion.

Un bureau des chats qui bizarrement, me fait vraiment penser à une administration pernicieuse, dont les dialogues entre les employés "poilus et matous" sont un brin caustique. Un petit clin d’œil justement au fameux salary men japonais.

Il n'y a pas d'âge pour lire ces comptes, et je pense même qu'il s'agit d'une bonne occasion de lire à nos enfants autres choses que les mondes merveilleux de Disney : une alternative justement pour ouvrir d'avantage à la curiosité. Bon voyage dans l'imaginaire et ça j'insiste!

En bref :

Excellent!

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Rédigé par Sabrina

Publié dans #Littérature Conte

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