Publié le 20 Mars 2016

Petites scènes capitales

De Sylvie GERMAIN, aux éditions Albin Michel, Roman, 2013

Résumé :

« L'amour, ce mot ne finit pas de bégayer en elle, violent et incertain. Sa profondeur, sa vérité ne cessent de lui échapper, depuis l'enfance, depuis toujours, reculant chaque fois qu'elle croit l'approcher au plus près, au plus brûlant. L'amour, un mot hagard. »
Pour cette rentrée littéraire 2013, l'avant Mai 68 puis sa traversée font irruption dans l'’œuvre de Sylvie Germain.
Comme une tapisserie de légende, les fils de l'intime et du tragique se tissent en Petites scènes capitales, qui du berceau jusqu'à la mort disent l'infini bonheur d'être au monde, fût-ce au prix de douleurs difficiles à endormir.
L'élève de Levinas raconte Lili, ses parents, sa belle-mère, ses sœurs et frère par alliance, etc., guidée par ce qu'un autre disciple de Levinas – Alain Finkielkraut – dénomme La sagesse de l'amour.
Telle celle d'une tragique grecque des temps modernes, sa plume inspirée conduit jusqu'à une magnifique catharsis.

Mon avis :

Qui est Lili?

Jeune fille vivant avec son père, sa maman les quitte vers 11mois et meurt quelques années plus tard. Son père décide de refaire sa vie et se marrie à un ancien mannequin : Viviane. Celle ci a déjà quatre enfants, Jeanne Joy, les jumelles Chantal et Christine, et Paul. Qui dit nouvelle famille dit nouvelle façon de vivre : partager son quotidien, ses affaires, les fêtes et les attentions. Progressivement, Lili se pose des questions sur qui elle est, ce qu'elle est aux autres et ce qui la lie à eux.

Lili grandit tant bien que mal ballotée par les différentes scènes qui vont marquer son existence : la mort de sa grand mère, les enfants qui quittent le foyer familial, les crises difficiles à cerner de Viviane, la disparition d'une personne, et sa quête d'identité qu'elle tente de garder en cap. Elle n'ose poser des questions de front à son père, se perd parfois en supposition, mais se laisse habiter par cette inconstance des sentiments : tristesse, mélancolie viennent doucement perdurer dans la lecture : on sent à la fois son indignation mais son dépit face à sa réalité identitaire. Elle se laisse aller aux aléas de sa vie, victime parfois des faits.

En partant pour Paris pour ses études, elle prend le prénom de Barbara. Là encore elle essaye de prendre possession de qui elle est.

Tout au long du récit, Sylvie Germain nous offre des "petites scènes capitales" de la vie de Lili, dont l'un des évènements majeur est cette mort, provoquant davantage de tumulte, de l'incompréhension.

Il est difficile de résumer un tel livre car ces petites scènes se succèdent, se ressemblent, renferment parfois autant d'incompréhension que de justesse. A la fois profonde et sensible, la plume de Sylvie Germain touche la corde sensible de l'identité avec tact, mais réalisme. Elle exprime tout au long de ce roman la complexité de ce que nous sommes : pluriel et malgré tout unique, nous sommes ce que le passé à fait de nous. Nous sommes l'héritage de notre famille, et des événements que l'on a rencontré.

J'ai aimé suivre Lili. J'ai été attachée à son embarras, à sa tristesse et parfois même à une certaine forme d'affliction. La vie qu'elle mène n'est qu'une quête pour se trouver elle même, parfois sans chercher de l'aide extérieure. J'ai eu cette impression parfois à juste titre, qu'elle n'allait pas au bout de ses recherches, s'arrêtant sur des faits sans vouloir se les expliquer.

On ne lit pas le livre, on le vit car on ressent, on touche au quotidien de Lili. L'auteur parvient grâce à une palette de sensation à faire vivre la lecture.

Les chapitres sont fragmentés, comme des morceaux de vie. Mais ils auraient plus être encore plus disparates, faisant des retours en arrière. Mais la construction du livre est telle qu'on ne plonge pas dans le drame et le pathétique. Au contraire, malgré la vie donnée au livre, on reste observateur d'une vie qui va à la recherche de son essence.

En bref :

Une lecture riche en émotion et en introspection... Au final, sa seule volonté que l'on a est de découvrir tout comme elle : Qui est Lili.

Broché: 256 pages
Éditeur : ALBIN MICHEL
Date de sortie : 21 août 2013
Collection : LITT.GENERALE
Langue : Français
ISBN-10: 2226249796
ISBN-13: 978-2226249791
19 €

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Roman

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Publié le 17 Mars 2016

Le crime du comte Neville

d'Amélie Nothomb, Albin Michel; roman, 2015

Résumé :

Cette année, Amélie Nothomb fait sa rentrée avec un conte de fées virant à la tragédie grecque. "Le crime du comte Neville" raconte l'histoire d'une jeune châtelaine mal dans sa peau, qui cherche à se faire assassiner par son père, pour aider ce dernier à réaliser sans dommages la prédiction d'une voyante rencontrée à l'issue d'une fugue qui n'en est pas une.

Mon avis :

Amélie Nothomb évoque l’histoire d’un noble ayant perdu sa fortune, rendu fou par la prédiction d'une voyante chez qui il s'est rendu pour retrouver sa fille qui a fuguée. Celle ci lui annonce qu'il tuera quelqu'un le jour d'un grande réception, lui en donnant également la date.

Il ne put croire au début à cette prédiction, car force est de constater que pour une personne de son rang, il n'est pas sérieux de croire ce genre de balivernes. La relation avec sa fille se modifie progressivement, le dialogue s'installe alors que celle ci se sentait si différente de son frère et sa sœur, si beaux et intelligents. Mais le choc fut plus grand lorsqu'elle lui annonce qu'elle souhaite qu'il la tue elle.


L'histoire est inspirée d'une nouvelle d'Oscar Wilde intitulée "le Crime de Lord Arthur Savile", mêlant à la fois une réflexion social sur la noblesse (qui sont ces nobles et quelle est leur réalité?), les raisons pouvant pousser quelqu'un à mettre un terme à sa vie. Amélie Nothomb s'essaye à nouveau après "Barbe Bleue" à reprendre une histoire connue et la remanier selon ses aspirations et ses gouts. Effet réussie car on reconnaît et comprend parfaitement jusque dans le titre l'hommage et l'inspiration, mais aussi le fossé à la lecture du livre.

On retrouve une plume que j'affectionne particulièrement. Mais étant à la fois peinée de la longueur du livre (à peine 135 pages), je me retrouve tout de même enchantée de voir que l'histoire et sa complexité tient en si peu de pages.

La parution d'un Amélie Nothomb est chaque année un rendez vous attendu par nombres de lecteurs dont je fais partie! Son sens du critique, de l'à-propos, du burlesque et l'intensité qu'elle donne à ses personnages sont autant de plaisir que de surprises. Elle sait manier les mots, au point où il suffit de quelques pages à peine pour dresser une complexité dans les personnages, mais aussi pour dresser une situation dans sa globalité. On ne parle d'ailleurs même plus d'un "livre" d'Amélie Nothomb, mais d'"un" Amélie Nothomb, comme si l'objet livre lui même prenait son nom.

En bref :

Pour les amoureux de l'auteur Amélie Nothomb, toujours un rendez vous attendu.... ! Pour découvrir l'auteur par contre, il vaut mieux commencer par "Stupeur et Tremblement" ou "Ni d'Eve ni d'Adam".

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Roman

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Publié le 15 Mars 2016

Les fleurs d'Hiroshima, Coup de coeur

De Edita Morris, éditions J'ai lu, 1975, Histoire

Résumé :

Yuka a 30 ans. Elle et sa famille ont survécu à la bombe jetée sur Hiroshima quinze ans avant le début de cette histoire. Yuka fera tout pour que sa famille et ses proches aient une vie normale, même à l'arrivée de ce jeune Américain qui lui loue une chambre et qui a la joie de l'innocence.

C'est l'histoire simple de gens incapables d'oublier, mais qui font preuve du courage immense des rescapés et des sacrifiés : celui de cacher au reste du monde leurs souffrances.

Mon avis :

Coup de cœur.... terrible et intense, une véritable calque littéraire !! Le début du mois d'août est toujours un moment de commémoration car comme dit si bien le slogan : "No more Hiroshima!"
"Plus jamais Hiroshima!" Peut-on à ce point plonger dans l'horreur et parvenir à récupérer l'essence même de ce qu'est la vie : un ensemble de petits moments bref mais intenses, beaux malgré sa laideur.


Ce livre n'est pas un témoignage il reflète uniquement des sentiments parfois contradictoires lorsque l'on vit des moments difficiles. 15 ans après l'horreur de la bombe Yuka et sa sœur accueillent chez elle un étranger américain et malgré le passif cet accueil se fait avec beaucoup de respect de chaleur, mais une volonté farouche de taire la réalité des radiations.

La sobriété des événements relatés intensifie davantage la réalité et l'horreur car elle met à distance le lecteur. On est happé et frappé par la normalité que Yuka essaye de montrer dans son quotidien à cet étranger et on ne peut qu'avoir de l'empathie pour toutes ces souffrances qui ressortent inexorablement lorsqu'elle finit par se confier à lui.

Beaucoup de délicatesse, de tact dans l'écriture : la réalité n'a pas besoin d'artifice. Ce qui m'a beaucoup troublé, ce fut cette distance que mettait la population face aux gens irradiés. Un isolement social, mais vécu avec dignité : ils ne souhaitent pas être un fardeau pour les personnes non irradiées, leur famille ou voisin.

Il y a également une pudeur lorsque Yuka parle de son époux Fumio. Elle le soutient, s'accroche, et d'un regard le comprend. Ce qu'ils ont traversés et ce qu'ils s'apprêtent à traverser les soudent, les lient encore dans leurs sentiments.

On ne ressort pas indemne d'une telle lecture car malgré la distance et le temps l'horreur de la guerre est une chose toujours aussi insoutenable.

Parce qu'il ne faut jamais oublier....

En bref :

Une très belle lecture, source de beauté, de raffinement autant que de question et de colère, sourde mais tenace face à la réalité de l'après guerre. A lire absolument !

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #littérature Histoire

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Publié le 14 Mars 2016

L'aube le soir ou la nuit yasmina reza
L'aube le soir ou la nuit yasmina reza

De Yasmina Reza, édition J'ai lu, 2009, Témoignage Politique

Résumé :

Ils jouent gros. C'est ce qui me touche. Ils jouent gros. Ils sont à la fois le joueur et la mise. Ils ont mis eux-mêmes sur le tapis. Ils ne jouent pas leur existence, mais, plus grave, l'idée qu'ils s'en sont faite.

Mon avis :

Durant une année, Yasmina Reza suit celui qui se porte candidat à l'investiture de la Présidence de la République française en 2007. Il l'autorise de ce fait a assister au meeting, aux rendez vous et rencontres politiques.

Il y a assez peu de livres pour lesquels je n'ai pas trouvé d'intérêt. Cette lecture m'a paru lourde, longue, sans rien apprendre ni sur le côté "compliqué" et "difficile" de la politique. Bien entendu, Nicolas Sarkozy n'aurait jamais autorisé la présence ou même la diffusion de certains moments de sa vie. Ce livre se veut politiquement correct, sans rien apprendre ni de l'homme ni de sa politique.

Homme de terrain qui se passionne autant pour lui même que pour les propos qu'il peut tenir, j'ai trouvé certains passages "tapageurs".

Malgré l'écriture très poétique et fluide de Yasmina Réza, j'éprouve de grandes difficultés à parler de ce livre qui pour moi n'en est pas un : tout au plus une suite d'éléments, de note et de questionnement mis bout à bout.

En bref :

Difficile pour moi de vous encourager à découvrir ce livre : il a été pour moi une perte de temps, hormis pour les belles tournures de phrases d'un auteur de talent !

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Témoignage

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Publié le 14 Mars 2016

Mes bibliothèques

Mes bibliothèques

Bonjour à vous!

Eh oui que de silences! Mais la vie est faite d'autant de bruit que de silence. Cette période m'a été nécessaire pour gérer mes chamboulements à la fois personnel et professionnel et retrouver un nouveau rythme avec mon petit Loulou qui grandit, et de nouvelles responsabilités à mon travail.

Bien entendu, je n'oublie pas les livres... Ils ont été de fidèles compagnons ces derniers mois, source de plaisir et de colère, mais aussi d'étonnement autant que d'angoisse. Je lis toujours avec le plus vif intérêt des livres classiques ou originaux, d'auteurs connus et reconnus que d'auteurs sortis des recoins de ma librairie!

J'aime autant découvrir que passer ce temps à me laisser entrainer dans les courants de leur écriture! Car telle est ma vie : mouvante et fragile, forte mais délicate : comme les vies de chacun!

Pour le printemps, je vous réserve un concours des plus particuliers donc vous connaitrez les tenants et aboutissants ici même et via mon compte INSTAGRAM!! ​Etant très active sur ce compte, je vous partage en direct mes lectures et mes impressions. J'ai d'ailleurs une quinzaine de livres à vous présenter en chroniques! Que de travail, mais de plaisir à vous partager ces impressions également!

Rendez vous durant le weekend de Pâques afin de connaître toutes les modalités de ce concours, les lots et les surprises !

Que vous dire de plus? Quelques aménagements sont progressivement prévues pour le blog : il gardera son aspect général car il me convient dans sa richesse et son organisation. Mais il y aura de nouvelles rubriques que je pense finaliser. Bien entendu, toutes vos idées seront les bienvenues ^^!

Je vous dis à très bientôt amis lecteurs et lectrices!

Sabrina

PS : Oui oui il s'agit de mes nombreuses bibliothèques. Je possède je pense environ 750 livres, je dois mettre mon compte Livraddict à jour ^^

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #BLABLA livresque

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