Publié le 29 Juin 2015

Les heures souterraines

De Delphine de Vigan, édition le livre de poche, 2011, (JC Lates 2009) Roman, harcelement moral

Résumé :

Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'’eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s’'arrête. Autour d'’eux s’'agite un monde privé de douceur. Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au cœoeur d'’une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l’'on risque de se perdre sans aucun bruit.

Mon avis :

Mathilde est une femme active, pleine de vie, d'entrain et d''énergie. Maman de 3 enfants, elle gère son travail et sa vie de famille sans que rien ne perturbe son quotidien. Mais progressivement, elle s'enlise, en elle et autour, le silence et la solitude. Elle essaye de comprendre, de chercher là où tout a commencé, et se remémore cette réunion. Depuis, une situation pernicieuse s'installe : isolement, mise de côté, Mathilde est dépossédée de son travail, d'elle même. Elle tient, sans savoir pourquoi, sans savoir comment, mais elle tient, malgré les non dits, les mensonges et les humiliations.

Thibault est médecin. Il se sent vide, vit du vide entouré de mouvement et d'agitation urbaine. Il aime, mais ne sait plus aimer, Il quitte sa petite amie, par défaut d'amour. Il essaye de comprendre sa relation, d'en sortir, d'y survivre.

Pour Mathilde, tout devrait changer un 20 mai selon une prédiction : elle fera la rencontre d'une personne qui changera tout à sa vie.

Entre harcèlement social au travail, désillusion face au sentiment amoureux, se fut une lecture difficile, compliquée par le sentiment d'impuissance auquel on fait face tout au long de la lecture : on voit un désastre se produire devant nos yeux sans parvenir à changer quoi que se soit à cette réalité.

Outre une vision réaliste et difficile du monde du travail, on perçoit le désarroi de la personne qui est harcelé, ne se rendant pas compte de la situation tout de suite, et plus encore, essayer de tenir jusqu'à un point de non retour. On peut d'avantage être outrée non pas par la réaction du chef qui harcèle, mais des collaborateurs, qui se taisent, éludent, évitent la confrontation, et conforte la victime dans sa solitude.

Les événements que vit Thibault sont plus compliqué à définir, le vide n'est pas dû à sa relation amoureuse, il vient de plus loin. L'introspection dont il a besoin n'est pas forcément la bonne car il tourne autour de ses pensées et de la situation de vie dans laquelle il se trouve.

Les deux personnages m'ont semblés absents à eux mêmes, comme un voile que l'on pose pour décrire des situations difficiles. On leur imagine d'autres événements, d'autres vies. Et cette date du 20 mai m'a déçue, en ce sens où on attend tellement de ce dénouement, et enfin de compte... Est ce peut être la volonté de l'auteur?

Delphine de Vigan a su m'éblouir par sa prose et me terrifier par la réalité des sensations que j'avais en lisant cette histoire. Elle m'a gênée, dérangée, heurtée, fait espérer. Elle a animée en moi des sentiments conflictuels me forçant à achever la lecture de ce livre en une soirée tellement je ne pouvais laisser ces vies en suspend dans leur souffrance et leur solitude.

En bref :

Une lecture qui fut difficile tellement elle a été animée par des sentiments terribles et sinistres : solitude, mélancolie, harcèlement. Mais une lecture riche d'enseignement sur une réalité que vit beaucoup de travailleurs, et une solitude que vit beaucoup d'être humain.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Roman, #Littérature Harcèlement

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Publié le 17 Juin 2015

Mon ami Ben : Un chat sauve un enfant de l'autisme

De Julia Romp, édition Jean-Claude Gawsewitch, 2011, Roman, Témoignage

Résumé :

Comment communiquer la joie de vivre à son enfant lorsqu'il est atteint d'autisme ? C'est la question à laquelle se heurte, Julia, mère célibataire londonienne en élevant George, son fils de neuf ans, qui montre une grande violence envers les autres en général, et sa mère en particulier. L'arrivée d'un chaton aussi seul et perdu que lui va permettre au petit garçon de s'ouvrir aux autres et rendre à sa mère tout l'amour qu'elle lui a donné. Mais, un jour, cet équilibre retrouvé bascule. Laissé seul durant quelques jours, le chat Ben s'échappe. George se replie alors irrémédiablement sur lui-même tandis que Julia, sa mère, va se livrer à une quête désespérée pour retrouver le seul être capable de donner le sourire à son fils. Six mois passeront sans entamer sa volonté, et elle devra traverser le pays malgré la neige et les centaines de kilomètres, pour pouvoir enfin déposer Ben dans les bras de son fils pour Noël. Un témoignage bouleversant prouvant une nouvelle fois combien l'amitié entre l'homme et l'animal peut faire des miracles.

Mon avis :

Témoignage de Julia, mère célibataire élevant seule son fils Georges atteint d'autisme. Entre haut et bas, on suit dès le début de ce livre les questionnements de Julia, ses impressions de solitude et d'incompréhension qui entoure la prime enfance de son fils. Plus qu'un témoignage, ce livre reflète la réalité de la négation et du déni du corps professionnel.

Georges nait et Julia pense vivre avec lui une aventure pleine de surprise. Les jours passant, le comportement de Georges est toujours très difficile à canaliser : il n'est apaisé par rien, et met parfois des heures à trouver un peu de sommeil. ces courtes périodes de sommeil sont suivies par des périodes de cris et de hurlements, empêchant Julia de s'épanouir complétement dans un maternage tendre.

Incompréhensible situation, mais Julia reçoit de la part de tous les professionnels de santé qu'elle rencontre la même phrase : "ça ira mieux plus tard". Mais "plus tard", rien ne change, Georges entre à l'école, son comportement est difficilement gérable et il devient difficile de le maintenir dans une section dite "normale". C'est grâce à ce changement d'ailleurs qu'un professeur explique à Julia que derrière le comportement de Georges, il peut y avoir autre chose.

Le mot est alors posé :

Autisme.

Ils recueillent un jour un petit chaton égaré dans leur jardin : Georges le prend tout de suite en affection, et se tisse entre lui et ce petit chat un lien inaltérable : Ben fait partir prenante de la vie du garçon. Il l'apaise, et Julia observe de vrai signe d'amélioration de son état : elle parvient à avoir des discussions calmes avec son fils, il devient plus patient, plus calme et se contrôle de plus en plus. Mais lorsque Ben disparaît.... Le monde s'écroule.

Georges se renferme et Julia part en quête de Ben car elle sait qu'il est devenu la bouée d'amarrage de son fils.

L'autisme est méconnu, et pourtant, même pour moi qui suis dans le monde médical, en lisant ce témoignage je ne peux réprimer de la colère : les signes sont pourtant là, évidents, il faut se poser la question du comportement et ne pas rester bêtement sur l'excuse du "caprice". Mais cela prouve à quel point le personnel soignant est peu formé pour reconnaître les signes, peut formé pour accompagner les familles.

Désarroi, mais aussi force de caractère et confiance en son fils. C'est ainsi que l'on peut résumer Julia : être maman n'est déjà pas chose facile, mais face à un enfant malade, atteint de troubles difficiles à gérer, les ressources employées pour son bien être sont démultipliés : une peur toujours plus ténue de ne pas être la hauteur et le bonheur de Georges en ligne de mir.

Face à la maladie, elle est tout de même très entourée, par sa famille, le papa du garçon, des amis. Mais le quotidien reste difficile à gérer, et les nuits de sanglots nombreuses. Mais Georges lui donne foi, et elle continue de se battre pour lui, pour leur bonheur. Et Ben reste présent à leur côté.

En bref :

Comme pour "La démesure" de Céline Raphaël, je ne peux donner de "critiques" de ce livre. Ni bon ni mauvais, "Mon ami Ben" est à prendre pour ce qu'il est : un témoignage difficile et une lueur d'espoir pour les parents qui se sentent découragés par la pathologie de leur enfant. Des mots simples, mais qui nous touchent profondément.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Roman, #Littérature Témoignage

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Publié le 14 Juin 2015

Leur coeur gros comme des cailloux

Merci à Babelio de m'avoir permis de découvrir ce livre bouleversant dans le cadre des "masses critique"

De Cécile Chartre, Édition Alice, Collection Chapelier fou, 2015, Nouvelle, Rommance

Résumé :

Il y a la mer. Eternelle, immuable. En face de la mer, il y a ce banc. Eternel, immuable. Sur ce banc, tous les jours, de 8 heures à 20 heures, il y a la vieille. Eternelle, immuable. Aux pieds de la vieille, il y a le mignon chien-chien. Et à côté de la vieille, il y a le tas de cailloux, bien ronds, petits, mais qui doivent faire mal si on les lance fort. Puis arrive un jeune. Qui ose s'asseoir sur le banc. Qui ose caresser le mignon chien-chien.

Au bout d'un moment, il s'est penché vers le chien. Et il lui a demandé ce que tout le monde se demandait. Il a dit : - Mais qu'est-ce que tu fais là, toi ? Ou un truc dans le genre. - J'attends Théodore. Ca, c'était la réponse à la question du jeune. Le chien était super mignon, mais fallait arrêter de faire peser trop d'espoir sur son dos. Parler, il ne savait pas. Alors, on était bien obligé de se rendre à l'évidence. C'était la vieille qui avait répondu.

Mon avis :

Le sentiment amoureux est l'un des plus complexes au monde : à la fois éternel et fugace, intense et léger, il est ce qu'il n'est pas et reste impalpable. L'amour est sans doute le thème de la littérature le plus souvent traité, esquissé, parodié : on tue par amour, on fait des miracles par amour : de l'amour nait la vie, de l'amour on se languit... Il n'y a pas d'âge pour aimer ou pour parler d'amour, avec passion ou amertume, chaque personne évoque ce sentiment à sa manière comme il la vécu. On parle d'amour, à tout âge, à tout moment de notre, mais que faire lorsqu'on aime et attend l'amour depuis si longtemps.... Comment se voiler la réalité et vivre dans ces espérances jusqu'à oublier le raisonnable?

Roman court, "Cœurs de cailloux se lit comme un témoignage, un moment de vie et d'amour.

Un jeune garçon aborde une vieille femme assise chaque jour face à la mer en parlant au chien qui l'accompagne. Elle lui répond chaque jour, invariablement qu'elle attend Théodore, l'homme dont elle est éprise. Elle lui raconte sa rencontre, les étoiles dans les yeux, de cet homme sur lequel chaque femmes se retournaient. Elle se raconte, avec pudeur. Chaque jour, lorsqu'elle lui demande si lui a déjà embrassé une fille, il s'invente une nouvelle vie, se raconte, et finit par se confier. Et puis ces cailloux, qui font un lien dans cet emmelement de sentiment.

Deux générations s'opposent, se cherchent et se rejoignent : jusqu'à ce jour où... Je ne peux révéler ce qui déclenche la découverte du narrateur de ce livre. Mais avec un pincement au cœur, on découvre ces amours impossibles mais qui tiennent par delà les années.

Sans minauderie, le style est simple, se lit vite mais s'imprègne dans l'esprit du lecteur. On se doute assez vite de la fin, même si on finit par s'étonner de la dernière page. Il se lit comme une histoire qui se raconte, comme une confidence, sentant par moment les tripes se brouiller et les sentiments se mélanger.

Le livre court se suffit à lui même : il n'est pas utile de creuser davantage et de sombrer dans des évidences. J'ai aimé cette simplicité dans le texte et dans le verbe, car l'amour en devient un sentiment normal et accessible, loin des promesses narrées dans diverses romances insaisissables.

Avec un gout de réalité, on s'enchante et finit par se poser des questions : on referme le livre avec un gout amer, une incompréhension et une envie de changer le court des évènements pour laisser à cette dame le loisir de combler ces longues journées d'attente.

L'objet livre est très soigné et rajoute au plaisir de la lecture.

En bref :

Sans qu'il s'agisse du nouveau Shakespeare, on prend le récit pour ce qu'il est : on y parle d'amour, impossible et déraisonnable, avec toujours tapis dans le cœur un espoir.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Nouvelle, #Littérature Romance

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Publié le 13 Juin 2015

Once upon a book : box Asie

Nous nous retrouvons aujourd'hui avec quelques jours de retard pour parler de la box Asie de Once upon a book, box littéraire dont je vous ai déjà parlé ici et je vous renvoie sur leur site Facebook si vous souhaitez avoir plus d'in formations.

Box littéraire à thème mensuel, j'ai craqué pour la box Asie. Reçu il y a une semaine déjà, je vous avoue que je ne vais pas pouvoir vous présenter la gourmandise, car celle ci a déjà été mangé ^^ eh oui on s'est laissé attrapé par les fruits secs mon chéri et moi...

Ma box Asie du mois de mai contient :

- Balzac et la petite tailleuse chinoise, de Dai Sijie, aux éditions Belin/ Gallimard. ( version classico lycée)

- Annabel, de Kathleen Winter aux éditions du Boréal, Montréal

- Voyages dans l'Histoire Japon, un guide pour les voyageurs et les amoureux du Japon, édition National Géographic

- des sachets de thé

- des marques page

- un sachet de fruits secs.

Très contente encore une fois de cette box, surtout pour l'ouvrage du National Géo que je voyais arrivé chez les autres abonnées de la box, car je le recherchais depuis un moment, étant également abonnée au National Géographic.

Pour le mois de juin, il est encore possible de commander jusque ce week end 13/14 juin. Le thème est l'Histoire de France. Je ne l'ai pas commandée pour ma part, car le papa de mon chéri étant prof d'Histoire, et féru d'Histoire comme nous le sommes, nous possédons plusieurs ouvrages sur ce thème.

Je suis impatiente de découvrir d'ici quelques jours le prochain thème de cette box littéraire^^

A très bientôt amis lecteurs

Sabrina

Once upon a book : box AsieOnce upon a book : box Asie

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Box littéraire

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Publié le 10 Juin 2015

Le Diable
De Léon Tolstoï, édition Folio 2004, première édition 1911
Résumé :

Le Diable est une nouvelle écrite en 1889 mais achevée en 1909 et publiée à titre posthume.

Irténiev, propriétaire terrien, est un homme sérieux, qui gère son domaine avec efficacité et rigueur. Marié à la douce et fragile Lise, romantique amoureuse qui l'idéalise, Irténiev fait de son mieux pour être à la hauteur. C'est sans compter sur Stépanida, une belle paysanne impudique, au regard de braise, au corps vigoureux et à la peau laiteuse, qui met tous ses sens en émoi...

Mon avis :

Irténiev est un jeune homme célibataire qui noue une relation avec une paysanne du nom de Stépanida, femme mariée. Issue d'un milieu social différent que celui d'Irténiev, celui ci la quitte pour une femme de son rang.

Il ne croise plus la jeune paysanne pendant longtemps et vit avec Lise des amours sans problèmes. Cependant, ayant besoin de monde pour le travail de la propriété et de l'exploitation, Irténiev revoit Stépanida, et la passion qu'il pensait éteinte le taraude sans cesse, malgré l'amour qu'il porte à sa femme. Il cherche a revoir Stépanida, tout en faisant en sorte de l'éviter. Il en vient à en discuter avec son oncle, afin d'alléger le fardeau de sa culpabilité.

Sur fond d'infidélité, Tolstoï dresse avec finesse et maitrise les sentiments de culpabilité et les tourments que génère cette tentation. Le style de narration est fluide, on ressent par moment une lourdeur de style, mais elle est vite effacée par le rythme de cette nouvelle.

On peut se demander la raison qui a poussé l'auteur à écrire ce texte sur une longue période : l'infidélité est tabou, principalement à cette époque où le milieu socio culturel prônait sur les ambitions et désirs personnel : ainsi, Irténiev craint à la fois de peiner son épouse, mais également du quand dira t on.

Remplie de sensualité, de douceur, cette nouvelle est également cinglante, la fin étant un dénouement dont on aperçoit bien vite les contours. Malgré tout, un texte réflexif et novateur pour l'époque, abordant des sujets plus tabou encore qu'aujourd'hui.

Une découverte également du style de Tolstoï : fourni, fluide, parfois un peu ronflant, mais sans fioritures inutiles.

En bref :

A découvrir pour le style de Tolstoï et la maitrise de son œuvre. Un texte court, mais intense.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Nouvelle, #Littérature Romance

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Publié le 7 Juin 2015

L'appel de la forêt

De Jack London, édition le livre de poche, Première édition1986, Littérature aventure.

Résumé :

Admiré par tous et choyé par son maître, le chien Buck n'a vraiment pas de raison de se méfier des humains. Un homme va pourtant l'arracher à son foyer ; un autre va lui enseigner la dure loi du plus fort. Devenu chien de traîneau, Buck découvre la violence, le goût du sang. Des rivalités déchirent la meute dont il fait maintenant partie. Alors que Buck s'éloigne de la civilisation, une voix venue de la forêt éveille dans sa mémoire l'appel de la nature, puissant, irrésistible...

Mon avis :

Roman à première vue jeunesse, il faudra de la maturité et du courage pour passer certaines scènes de ce livre sans larmes et soubresauts de sanglots. Attachée comme je le suis aux animaux, la bêtise humaine et la torture affligée aux animaux est pour moi difficile à comprendre et à supporter.

Buck est un chien vivant dans une grande maison coloniale, veillant sur des enfants et passant le plus clair de son temps à veiller son maitre, un juge bon envers lui. Un jour, il sera vendu par l'un des employé de celui ci, et rencontrera tour à tour des hommes durs, farouches, lui apprenant à coup de gourdin l'obéissance aveugle.

Changeant de propriétaire, il découvre, harnaché à un traineau, la vie dans le grand Nord : en compagnie d'autres chiens, il apprend à sentir la neige sous ses pattes, à prendre les virages et à tirer, encore et encore, son chargement. Il découvrira son amour pour son travail, et sa volonté et l'orgueil de tenir sa place.

Ces propriétaires sont au début réfléchi sans être bienveillant, évitant les risques inutiles. Cependant au fur et à mesure, il se retrouve, lui et ses compagnons face à des personnes dénuée de toute responsabilité et de sens logique, menant le traineau à la catastrophe. Recueilli par John Thornton, il découvre l'amour inconditionnel pour un maitre, mais son aventure ne s'arrête pas là : sentant en lui une force l'appeler dans la forêt, il reconnaît et accueille cet appel : le monde sauvage lui ouvre les bras.

Les débuts chaotiques de Buck dans ce monde du grand Nord et l'âpreté du monde sont dépeints avec réalisme et dureté : il n'y a pas la place pour les sentiments : le travail doit être mené vite et bien. Hommage à ces chiens de traineaux, l'auteur nous fait sentir l'orgueil, la fierté de ces chiens à dépasser sans cesse leurs limites pour avancer dans ces contrées glacées.

La relation Homme - Animal est tour à tour terrible, dérangeante, atroce et bienveillante : les maitres sont tous différents face à leurs chiens, mais voir qu'ils sont capables d'en oublier la raison et obliger les chiens à aller toujours plus loin...

La cruauté envers les animaux est hélas encore tenace de nos jours, sans qu'il n'y ai de réelle raison (ne mentionnons ici que la véritable bêtise humaine). Dépeinte sans ménagement dans ce livre, on se rend compte, à voir le monde des yeux de Buck, que celui ci, si vaste soit il recèle malgré tout des espoirs et des plaisirs.

L'appel de la forêt, c'est aussi ce voyage dans les contrées glacées, ce froid qui prend aux tripes et rend l'histoire plus intense. De plus, à une période de la Ruée vers l'Or, cette histoire démontre également les méconnaissances de certaines personnes : ils se lancent à corps perdus dans une aventure sans avoir toutes les clés en main pour avancer en toute sécurité et éviter les dangers.

Un livre court, mais qui marque par son intensité et cet amour que l'on ressent envers ces animaux puissant et intelligents. Une belle lecture.

« D’autres voix lui parlaient encore. Des profondeurs de la forêt, il entendait résonner tous les jours plus distinctement un appel mystérieux, insistant, formel ; si pressant que parfois, incapable d’y résister, il avait pris sa course, gagné la lisière du bois. Mais là où finissaient les vestiges de vie, près de fouler la terre vierge, un sentiment plus puissant encore que cet appel, l’amour pour son maître, arrêtait sa course impétueuse, le forçait à retourner sur ses pas, à venir reprendre sa place parmi les humains. »

(p113)

En bref :

Un voyage dans le grand Nord, on s'attache à Buck, ressentant avec lui les morsures de son existence. Une belle lecture.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Aventure

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Publié le 4 Juin 2015

Les lois de l'attraction

Bret Easton Ellis, 1987, littérature contemporaine.

Résumé :

Lauren, Sean et Paul, étudiants issus d'une jeunesse dorée en mal d'elle-même, vaquent d'une dérive à l'autre. Dopés par leur libido ou un rail de coke, chacun s'occupe à passer le temps. Au bout des désillusions les plus féroces, leur existence psychédélique se consume de rage et de désespoir. "La jeunesse occidentale s'ennuie, les happy few s'assomment au champagne, tout le monde débande, sauf le lecteur qui prend un pied monumental."

Mon avis :

Sur les conseille de la booktubeuse "Les chronique de Kiatoulu", j'ai mis les pieds dans cet univers déjanté et dérangeant écrit avec brio par Bret Easton Ellis que l'on connaît surtout pour "Amrican Psycho".

Ce livre commence au plein milieu d'un phrase, ce qui donne au lecteur une impression différente d'une lecture classique : on rentre dans le vif du sujet, dans une atmosphère volatile et en perpétuelle mouvement. Dés le début, on est transporté : le style littéraire est cru, choquant, et s'imprègne en même temps d'une réalité : cela se passe durant les années 80, mais on pourrait transposer ce livre à n'importe quelle période tant les sujet traités restent actuels. Chronique difficile tant ce livre laisse une trace sensitive que mnésique.

Les personnages :

On va suivre trois protagonistes : Lauren, Sean et Paul. Ils prendront la parole l'un après l'autre, abordant des thèmes semblables mais de leur point de vue. Ils sont à al fois perdu et très réalistes, voire défaitistes sur leur propre vie.

Abordant tantôt les sujets de sexe, drogue et de l'alcool, ils sont désabusés, ne croyant ni n'espérant rien de plus que ce qu'il ont devant eux.

Lauren aime Victor, mais sort avec plusieurs garçons, et enfin avec Sean qui lui l'aime profondément, malgré les tromperies. Il a eu une relation avec Paul, homosexuel qui aime Sean et qui finit par se rapprocher d'autres garçons. Ce "triangle amoureux" est compliqué par les protagonistes eux mêmes qui sont dans des univers et réalité différente. Sans discussions à cœur ouvert, les non dits font foi et les relations difficiles.

Le style :

Brut, ne prenant ni détour ni métaphores, le livre est raconté par les trois personnages principaux, et entrecoupés par des moments racontés par des personnages proches de ceux ci. Le ton est pour la quasi totalité de l'œuvre très monocorde, mêlant un style frisant parfois l'obscénité, et le familier.

L'ambiance générale est difficile à expliquer, à la fois troublante et persuasive, mêlant un imbroglio de sentiments basé sur les nos dits et les mensonges. Les personnages sont dans une autre réalité, sans normes ni règles. Dépeignant une jeunesse américaine désabusé et perdue, l'auteur laisse peu de place aux espérances pendant une période politique aux Etats Unis marqué par des dissensions importantes avec le bloc Soviétique.

Portrait d'une jeunesse américaine, ce livre dresse, à travers la vie quotidienne d'une bande d'étudiants sur le campus universitaire de Camden, les dérives liés au sexe, à l'alcool et à la drogue.

Les premières pages de se livre sont d'ailleurs très "perverses" : entre obscénités et vulgarité, Brett Easton Ellis ne laisse rien passé au lecteur, l'empoignant dans ses tripes à donner parfois des nausées dans les descriptions de scènes de viol ou de prise de drogue. Passer ces quelques pages, on s'habitue non sans malaise au style de l'auteur : cette vulgarité, cette prise de position sert parfaitement le livre et montre en fin de compte les sentiments des protagonistes.

Le corps et l'esprit réagissent face à la drogue et il est intéressant de voir comment l'auteur parvient à nous en montrer les affres et conséquences avec des conversations auto centrés sur les sentiments et besoins des personnages.

Déroutant par les scènes de crise d'identité, le quotidien banal faisant place aux scènes de fêtes bouillonnantes, le livre est extraordinaire par un suspens pesant : sont ils à ce point dévorés par l'inconscience et sont ils vraiment dépourvus de toute pincée d'intelligence? C'est justement intéressant de voir à quel point on ressent un vide à la fin de la lecture, et je me rassure en lisant diverses avis que je ne sis pas la seule à le ressentir : ces étudiants sont tellement acharnés à vivre de façon superficielle, en aimant le beau et l'attirant, sans creuser davantage, une vie dont les principes se tiennent au plaisir immédiat que l'on ressent sans entrer en profondeur dans les problèmes soulevés afin de les résoudre. Le mal être est évoqué sans même

Et cette impression de vacuité, l'auteur parvient parfaitement à nous le faire ressentir par cette écriture hypnotique. Un livre à lire pour l'innovation littéraire et surtout ne pas s'arrêter aux textes sans doute très crus, mais recelant une véritable réflexion sur une époque ou le slogan était : Sex Drug &rock'n roll !

En bref :

A la fois fascinant par son style d'écriture et les sujets traités, un livre qui se dévore par ce côté quasi hypnotique sur une jeunesse désabusée. Brillant!

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Contemporaine

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