Publié le 30 Mai 2015

Des bibliothèques pleines de fantômes

Jacques Bonnet, Édition Denoël, 2008, Essai.

Résumé :

Avez-vous peur de mourir dans votre sommeil, enseveli sous l'écroulement de votre bibliothèque ? L'accumulation de livres ne met-elle pas en danger l'existence même de votre famille ? Classez-vous les volumes par thème, langue, auteur, date de parution, format ou selon un autre critère de vous seul connu ? Peut-on faire voisiner sur une étagère deux auteurs irrémédiablement brouillés dans la vie ? Autant de graves questions se posant à cette espèce en voie de disparition : les bibliomanes, qui, outre la passion de posséder les livres, ont celle de les lire.

Les bibliothèques sont des êtres vivants à l'image de notre complexité intérieure. Elles finissent pas composer un labyrinthe dont pour notre plus grand, et dangereux, plaisir, nous pouvons très bien ne plus sortir. Dans ce petit traité sur l'art de vivre avec trop de livres apparaissent, parmi nombre d'autres, Pessoa tentant de devenir bibliothécaire, Matisse postulant au poste de " contrôleur du droit des pauvres " ou encore le capitaine Achab et le mystère de sa jambe abandonnée à Moby Dick. En fait, ces milliers de pages qui occupent nos étagères sont peuplées de fantômes bien vivants qui, une fois rencontrés, ne nous quittent plus.

Mon avis :

Un livre sur les livres, avec des livres et ayant pour couvertures des livres et dont l'unique intrigue concerne des livres? Autant dire que je n'ai pu résister à ce petit livre rempli de sagesse. Sur le ton de la confidence, Jacques Bonnet, traducteur et éditeur mais avant tout bibliomane, nous parle des problèmes, petits et grands concernant cette passion dévorante en temps et en espace.

Nous avons tous un mode de rangement différent, et j'avoue qu'après avoir rangé ma bibliothèque par thème, j'ai de plus en plus envie de les ranger par ordre alphabétique, mais en laissant ma bibliothèque sur l'Asie intacte... Il existe autant de mode de classement qu'il existe de lecteur et collectionneur.

Truffés d'anecdotes et de citations, on découvre que Pessoa a tenté de devenir bibliothécaire, que Matisse a postulé pour devenir « contrôleur du droit des pauvres », mais en vain. De pages en pages, on sourit, on s'étonne et on se laisse happer par les mots.

L'écriture est très agréable, ni ronflante ni pleine, elle reste à bonne mesure pour attirer chaque lecteur de tout bord confondus. J'ai aimé découvrir des œuvres épique, étrangère et même différente de mes choix habituels : car le livre, aimé et redouté parfois, n'est qu'une invitation au voyage et à la découverte.

Ce livre raconte le lecteur, il ne faut pas s'attendre à un long essai philosophique traitant du bienfondé du classement livresque. Mais une confidence sur l'amour porté à l'objet livre, à cette passion qui, bien que plus encombrante que pour la philatélie, ne cesse de nous étonner et de nous émouvoir.

"En vérité une bibliothèque, quelle que soit sa taille, n'a pas besoin pour être utile qu'on l'ait lue entièrement ; chaque lecteur profite d'un juste équilibre entre savoir et ignorance, souvenir et oubli." Alberto Manguel

Je ne possède pas le même nombre de livre ni même la même culture ni la même érudition que cet homme. Les livres c'est son métier, pour moi, c'est une passion. On ressent donc parfois un pincement sarcastique à se dire qu'on ne sera jamais aussi "savant". C'est le seul point qui m'a gênée dans ma lecture, me disant à chaque page : "je vais mettre ce livre dans mes souhaits prochains..." "mais je ne connaissais pas ce livre, ni cet auteur"...

Après que mon amour propre se soit décidé à baisser les armes, je me rend compte qu'une vie ne suffira jamais pour lire et découvrir les richesses contenues dans ces livres. Il n'y a jamais eu autant de livre écrit et édité qu'aujourd'hui, signe que les histoires et l'objet livre intéressent encore. Et on peut s'en réjouir!

En bref :

Une incitation à la découverte des livres, une ode pour les collectionneurs qui se retrouveront entre ces pages.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Essai

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Publié le 30 Mai 2015

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Bonjour à vous tous qui passez lire ces quelques lignes. Je vous invite aujourd'hui à découvrir le contenu de la box "Parent Enfant" de "Once upon a book".

Je vous ai longuement parlé de cette box ici, lui dédiant un article complet. Je vous invite également à rejoindre leur page Facebook qui sera toujours beaucoup plus complète que ce que je peux vous dire.

Toujours aussi attractive, je me suis laissée tenter par la box "Parent Enfant, qui je vous l'accorde, ressemble également au concept de La Boite de Pandore dont je vous ai parlé ici.

Pour cette première box, celle ci m'a vraiment intéressée et j'ai été contente des choix divers des conceptrices :

- "HHhH" de Laurent Binet édition le livre de poche pour maman.

- "Guili et les petites bêtes", de Fabien Robert, édition Milan, coffret de 3 petites histoires.

- "Mapetite savane", de Julia Waters, édition Milan, un livre à toucher.

- Un sachet de fruits sec.

- Des Carambars

- Un marque page

- Des étiquettes pour les enfants

- Une petite illustration pour la lecture.

Toujours intéressant au niveau quantitatif et qualitatif, cette boite est une jolie découverte. De plus, le choix du livre pour les parents est vraiment judicieux, allant le plus souvent piocher dans la Wish List de celui ci.

Quand à mon petit : il aime beaucoup retrouver le "cocodile" !

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Box littéraire

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Publié le 30 Mai 2015

Peau de papier

De Nadine Monfils, édition L'Arganier, 2005, Récit.

Résumé :

Ouvrez-moi.

Mon livre, je veux dire moi, n'existera que par votre regard; vous êtes libre de faire de moi ce que vous voulez. Vous pouvez caresser mes pages, les chiffonner, les déchirer, les brûler, les trouer et y enfoncer votre doigt, votre langue, votre sexe; vous pouvez commencer par la fin pour me faire mourir plus vite ou bien relire et relire pour qu'ainsi je renaisse autant de fois que vous le souhaiterez. Je ne suis qu'un objet entre vos mains, alors laissez-moi vous regarder droit dans les yeux, prendre des airs de panthère ou de licorne, d'oiseau des îles ou de chat velours, pour continuer à exister au-delà de votre volonté.

Mon avis :

Impression mitigée sur une lecture étrange : à la fois addictive et difficile, Nadine Monfils s'effeuille au rythme des pages tournées. Il ne s'agit plus d'un livre, ni même d'un récit : l'auteur se livre et le livre est elle même : vibrante et toute en émotion. Difficile de résumer un livre qui n'en est pas un.

En mettant en exergue tous les sens du lecteur, Nadine Monfils commence son livre par une phrase qui résume à lui seul ce que contient le livre :

"Ceci n'est pas un livre, c'est un morceau de moi éparpillé entre vos doigts.".

Que de passions ensuite et de prose dithyrambique : le verbe est utilisé avec brio et l'écriture si soigné et impudique qu'elle en relève par moment de la sensation : toucher un livre, le sentir, le regarder sous les moindres plis.

Passé la première page, on se rend vite compte qu'il s'agit d'un autre univers, d'un style unique, et d'une verve incroyable. Les tournures de phrases sont poétiques et compliquées. Une force supplémentaire à cet ouvrage, est l'interpellation du livre au lecteur : il nous parle nous intrigue et nous force dans des retranchements, mais en même temps nous fait reculer et nous prévient toujours qu'il ira plus loin.

"Venez, on va danser. Je veux m'enivrer, piétiner l'absence qu'il crée en moi, écraser les silences pour leur faire dire des mots ronds qui tournent autour d'eux-mêmes, des mots-fleuves qui roulent dans la bouche et déversent un roman qui pourrait se résumer en un seul mot : "Je t'aime". "

Déclaration romantique avec force et tumulte, ce livre se confesse, et en même temps on se sent piégé dans des confidences inattendues, tel un amour dont on ne peut que s'enivrer.

Une impression mitigée car par moment, cette idée lancinante de ne pas être à ma place. Une appréhension à tourner la page tellement les sensations qu'il fait naitre sont diffuses et étonnamment élaboré. Un livre qui, comme j'aime m'interpelle, m'étonne et me réveille, mais en même temps me force à une impudique curiosité. Nadine Monfils a encore réussi à m'étonner avec un livre en montagne russe : appréhension, excitation, crainte, joie...

En bref :

Une lecture différente qui se suffit à elle même pour étonner et intriguer. Ouvrez ce livre, il a beaucoup de choses à vous confier.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Récit

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Publié le 27 Mai 2015

Un après-midi d'automne

De Mirjam Kristensen, Édition Libretto, 2015, Littérature contemporaine

Résumé :

Rakel et Hans Olav, jeunes mariés, se réjouissent de découvrir New York. Au cours d'une visite au Metropolitan Museum, Hans Olav tombe en arrêt devant une toile de Georges de La Tour, La Madeleine pénitente. Rakel s'éloigne quelques instants : à son retour, Hans Olav a disparu. La gardienne lui dit l'avoir vu quitter les lieux au bras d'une femme...

Jusqu’alors épouse comblée et sereine, Rakel se trouve brutalement jetée dans la peau d'’une jolie femme à la dérive, arpentant la ville des semaines durant à la recherche d'’un disparu. Plusieurs rencontres émaillent son périple et lui dévoilent ce qu’'aurait pu être sa propre vie.

Le livre de Mirjam Kristensen commence comme un roman policier et se poursuit en une odyssée intérieure. Comment peut-on, tout simplement, disparaître ? Et finalement, que cherche vraiment Rakel ? Son mari ? Son bonheur évanoui ? Ou seulement à préserver ses illusions ?

Mon avis :

Hans Olav et Rakel sont deux norvégiens en vacance à New York. Au musée du MET, celle ci quitte son mari pour aller aux toilettes. Elle le laisse devant la contemplation de la toile de Georges de La Tour : une femme observant une flamme dans le reflet d'un miroir portant un crane sur les genoux. A son retour, Rakel ne retrouve plus Olaf. Elle tourne dans le musée et retourne à l'hôtel où ils se sont donné RDV en cas de séparation Mais Hans Olaf ne revient pas.

Retournant au MET pour essayer de le retrouver, Rakel revoit l'une des gardes de la salle où se trouve la peinture : Nicole. Elle explique ce qu'elle a vu mais Rakel n'en reste pas moins sûr que son mari reviendra.

Les jours passent, Rakel prévient sa famille et part rejoindre Hanna, une amie de sa mère qui vit à New York et qui accepte de la loger. Elle vit avec son mari, Harold. Leur relation, est teintée de silence et d'interrogations. Elle rencontre également William Hermann, un étrange libraire qui vient lui apporter le portefeuille à moitié vide de son époux.

Se sont les parents de Hans Olaf, Trudi et Hans Martin qui se déplacent de Norvège pour essayer d'apporter leur aide, accompagné de leur second fils, Tobias. Ceux ci ne resteront pas longtemps aux Etats Unis.

Rakel prend la parole et commence son histoire lorsqu'elle revient des toilettes. Elle reste pudique et tout au long de la lecture, elle se pose d'innombrables questions, mais reste dans le déni un long moment au début du livre pensant que Hans Olaf va revenir. L'auteur parvient à faire ressortir toute l'angoisse liée à l'absence et à la disparition avec des phrases simples. Certains passages semblent parfois survolés, mais ils sont emplis d'une telle profondeur qu'on reste lié aux sentiments de Rakel.

En plus de ses recherches, Rakel se laisse parfois emporter par les souvenirs et revoit en filigrane l'image de son mari venir vers elle, elle imagine des dialogues et des réactions de celui ci. Elle en vient parfois à se dire qu'il rentrera là, en poussant la porte pour la retrouver.

Mirjam Kristensen parvient à nous lier à Rakel de façon brillante : On aimerait que Rakel soit plus vive, réagisse en faisant les choses différemment, mais le cheminement qu'elle choisit prend son sens au fur et à mesure de la lecture.

Lors de certaines disparitions, il n'est pas rare qu'en ne trouvant de trace nul part - ni accident, ni mort, ni présence dans un lieu public ou hospitalier - les autorités baissent les bras et évoquent une disparition volontaire. Mais Rakel ne peut imaginer que Hans Olaf la délaisse.

L'atmosphère enfin est indéfinissable : on évolue dans une brume, et on ne lâche pas la lecture tant les mots sont envoutant et addictifs. On se réfère aux sensations et sentiments de Rakel qui sont évoqués avec finesse et précision : de l'angoisse à l'incompréhension, de l'espoir à la réalité, le lecteur vogue au rythme des sensations auditives, gustatives et aux souvenirs qui y sont liés.

L'écriture enfin, en chapitre court, laisse un rythme haché mais pas haletant : le but n'est pas de mettre en lumière le thriller et le livre de suspens. On reste pudique et humble face à la détresse et à la douleur de la perte. Jusqu'au dénouement.

En bref :

Une lecture emprunte de mélancolie, liant l'angoisse de la perte et l'amertume de la réalité. Une très belle découverte... !

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Contemporaine

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Publié le 26 Mai 2015

La Box de Pandore du mois de mai.

Je vous retrouve aujourd'hui pour vous présenter ma Box de Pandore du mois de mai!

Je vous avais déjà parlé de la box de Pandore dans un précédent article ici. C'est une box enfant où les parents trouvent également plaisir à découvrir les livres pour leurs petit, mais aussi un livre pour eux.

Fonctionnement par abonnement mensuel ou trimestriel, cette box se décline également en différents formats que je vous invite à voir sur leur site : Box Enfant La Box de Pandore. Toujours en recherche d'amélioration, les concepteurs sont toujours en communication via leur page Facebook.

Ce mois ci, je vous laisse découvrir ce que contient ma boite de Pandore ^^ :

- "Coucou Totam" de Xavier Deneux aux éditions Tourbillon.

- "Igor et Olafe, Chasse, pêche et surgelés" de Pierrick Bisinski, Edouard Manceau et illustré par Pierrick Bisinski, aux éditions Gallimard Jeunesse

- "Les Bertignac, Tome 1 : l'homme à l'œil de diamant" de Paul Eyghar, édition Hugo et Cie.

- Un marque page à l'effigie du Panda de Pandore.

- Une boite de grosses craies pour dessiner dehors sur le sol

- Un biscuit

- Des sachets de thé

- Un fascicule explicatif sur les changements chez la box de Pandore.

- Une serviette éponge "magique" qui se déplie dans l'eau du bain.

Comme vous pouvez le voir sur les photos, en bas de page, les livres ont déjà attirés l'attention de mon petit bout. 2 ans le 25 mai, il a deux livres supplémentaires pour compléter sa pile de cadeau.

Encore une fois, le contenu de la box vaut le prix payé pour celle ci. Et les surprises toujours présentes pour nous étonner!

A bientôt pour de nouvelles découvertes livresques! ^^

La Box de Pandore du mois de mai.
La Box de Pandore du mois de mai.
La Box de Pandore du mois de mai.
La Box de Pandore du mois de mai.
La Box de Pandore du mois de mai.
La Box de Pandore du mois de mai.
La Box de Pandore du mois de mai.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Box littéraire

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Publié le 25 Mai 2015

La fille qui n'aimait pas les fins

De Yaël Hassan et Matt7ieu Radenac, Edition Syros, 2013, Jeunesse

Résumé:

La fille qui n'aimait pas les fins Maya est une amoureuse des livres. Elle en a déjà cent trente-quatre ! Sa mère, qui ne peut pas lui acheter tous les livres de la terre, l'inscrit contre son gré à la bibliothèque. Dans ce lieu paisible et studieux, Maya va faire la rencontre d'un vieux monsieur plein de fantaisie, qui l'intrigue beaucoup et dont elle se sent proche. Qui est réellement le mystérieux Manuelo ? La plus belle des surprises est au bout de l'histoire...

Mon avis :

Attirée par la couverture autant que par le titre, "La fille qui n'aimait pas les fins" est une belle découverte. Conseillé à partir de 10 ans, il ne faut pas d'âge pour en apprécier la douceur et l'humour, ainsi que la profondeur des thèmes traités.

Maya est une adolescente qui aime les livres tout comme son père. Ce dernier décédé trois ans auparavant laisse un vide dans sa vie. Sa maman a rencontré quelqu'un : ce dernier n'est pas féru de lecture mais de foot, et elle n'aime que les ouvrages sur les oiseaux migrateurs. Maya regrette la passion de son père pour les livres : c'est lui qui la lui a transmis.

Un matin, Maya s'inscris à la bibliothèque en compagnie de sa maman et rencontre un monsieur âgé qui lui offre un livre. Celui ci est vide, mais Manuelo lui explique que les livres sont fais d'imaginaire, et que celui ci est son livre et qu'elle peut y noircir à l'encre tout ce qu'elle souhaite.

L'histoire prend une tournure plus profonde par la suite. Ecrit en alternance avec le point de vue de Maya et ensuite celui de Manuelo ou de la maman, Les auteurs nous font voyager, nous interrogent sur les difficultés de l'adolescence, du deuil et des vérités familiales.

L'écriture est fluide, peu compliquée, et certains mot de vocabulaire expliqués par Manuelo. Cela renforce la figure de "sage" de celui ci et lui donne une aura de savant que Maya apprécie.

Les thèmes abordés sont diverses et se marient parfaitement à la réalité : les familles recomposées, la perte d'un être cher, les amours adolescents, les relations filiales et les secrets de famille. Sans culpabilité ni poids pesant sur la jeune fille, les auteurs parviennent à donner des conseils en filigrane, et à prouver qu'aimer les livres, ce n'est pas "ringard".

Un bémol pour moi : le comportement parfois très enfantin de Maya : j'ai du reprendre à deux reprises le livre pour être sur de ses 13 ans. Elle est décrite parfois de façon plus enfantine par ses réactions et réflexions.

En bref :

Un livre jeunesse qui aborde des sujets de société à la mesure de ce qu'un préadolescent peut aborder. Une lecture agréable, me remémorant certains livres lus plus jeune.

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Jeunesse

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Publié le 22 Mai 2015

Sous les couvertures

De Bertrand Guillot, édition Rue Fromentin, 2014, roman

Résumé :

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s'éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l'heure est grave : les nouveautés viennent d'arriver, et les romans du fond de la librairie n'ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur!

Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s'unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu'ils n'ont pratiquement aucune chance

Entre roman et conte iconoclaste, Sous les couvertures, quatrième livre de Bertrand Guillot, est une merveille d'’humour et d’originalité. Où l'on découvrira, entre autres, à quoi servent les classiques, en quoi les livres ressemblent à leurs auteurs… et pourquoi, à l'’habit des académiciens, on a ajouté une épée.

Mon avis :

Un livre, est il vivant uniquement dans les mains de son lecteur? A t il une vie "propre" ou toute l'énergie de son auteur se ressent et se perçoit? Bertrand Guillot réalise ici un de mes rêves en donnant la parole aux livres.

Dans une vieille librairie de quartier, certains livres sont mis en avant su les tables près de la caisse. Plus facile à voir et à se dénicher, on y trouve des Best Seller, des romans à la mode. Au fond de la libraire, il y a le Boudoir, où sont remisé les livres avant que le libraire ne fasse un choix douloureux chaque semaine pour renvoyer les invendus.

C'est en entendant cela que Grand, Junior et Conteur commencent une discussion animée sur leur étagère, à qui aura la verve la plus délicate, où l'âme d'un meneur d'homme. Très vite entouré par Mauve, Rouge, ils vont même demander conseil aux classiques et les réveiller de leur long sommeil. Le but? Que chacun puisse avoir sa chance sur le présentoir. Qu'il s'agisse de Machiavel ou même de Spartacus, chacun ira de son conseil afin d'aider ces livres a avoir leur chance.

Cependant, ils sont vite contre carré par l'Académicien, Vieille-Gloire et d'autres qui sont eux des livres importants et qui ont encore leur possibilité de vente de par une autre position stratégique et l'aura pseudo importante de leur auteur.

Durant le week end, d'assaut en stratégie militaire, les livres réfléchissent et exécutent un plan minutieux, où chacun devrait avoir une place à prendre.

En tournant les pages, on rencontre également le Libraire, vieillissant, et qui bougonne sur le monde informatique où les jeunes ne lisent même plus. Sarah travaille chez lui, son amour pour les livre et ses espoirs lui permettent de se projeter dans la libraire, et d'imaginer plusieurs possibilités quant à un rangement afin qu'elle reprenne vie. Mathilde, bloggeuse littéraire, et colocataire de Sarah, n'achète quasiment plus de livre : son travail lui permettant de recevoir gratuitement des livres et d'en faire une critique.

Un livre rempli d'humour, où l'auteur parvient à donner une personnalité bien définie : ils sont l'auteur et leur histoire, avec des aptitudes liées à celle ci. On aime tourner les pages et se dire que la Révolution Française, comme bien nommée dans le livre, est vive.

Un livre, ce n'est pas uniquement un auteur célèbre ou une critique dithyrambique de critique littéraire qui parfois ne savent plus comment le présenter. Un livre, c'est de l'espoir, de l'imagination, un voyage au bout du monde ou au bout de soi même. Des auteurs torturés, essayant, par leur mot, d'apporter des idées et de coucher sur papier des possibilités infinies d'histoire.

En finesse, l'auteur met en lumière les enjeux et difficultés du monde littéraire d'aujourd'hui. On rencontre en parallèle les auteurs de certains livres, et leur comportement ressemble en tout point à celui de leur livre. La bataille rangée des livres est longue, et j'aurais aimé passer du temps dans certaines joutes oratoires, où terminer les rencontres littéraires de ces auteurs.

J'ai aimé ce côté aventurier, cette lutte des petits livres face aux grandes machines de ventes des Best seller. Je suis d'ailleurs toujours refroidies face à un prix littéraires, car pendant que ce livre se vendra comme des petits pains, des livres anonymes attendent d'être ouvert et découvert.

Je regrette tout de même que l'auteur n'est pas approfondi davantage les relations de Sarah et du Libraire. L'intrigue principale se passe dans la librairie en compagnie des livres, mais malgré une écriture claire, je suis restée interrogative. Bertrand Guillot arrive cependant à parler de tout ce qui aujourd'hui ne facilite pas la vente des livres et de l'imagination des libraires pour se renouveler et donner toujours plus envie d'ouvrir un livre.

La fin du livre est attendue, mais on sourit à cette réaction étonnée. Les livres ont autant soif d'être lus que les libraires de les faire découvrir!

En bref :

Un livre haut en couleur, imaginatif et drôle traitant avec sérieux des difficultés des librairies face à certains géant de la vente en ligne. Laissez vous transporter entre leurs pages...

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Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Roman

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