Nouveau monde (tome 1) : le Dieu du Delta

Publié le 8 Mai 2016

Nouveau monde (tome 1) : le Dieu du Delta

Merci à Babélio et aux éditions Critic pour ce partenariat via la masse critique.

De Bertrand Passegué, édition Critic, 2016, Science Fiction.

Résumé :

Le voyage aura duré trente-cinq ans. Un long périple pour l'’humanité en quête de nouveaux espaces susceptibles de l'accueillir. Aussi, quand le vaisseau des colons atteint Bêta IV Hydri, une planète similaire à notre Terre, l'espoir et la foi en l’avenir font battre le cœur des hommes et femmes lancés dans cette folle aventure.
Pourtant, les ennuis vont bientôt s'’accumuler pour l’'astrogateur Nathan Stone : différentes factions s'opposent parmi les exilés. Chacune souhaite construire et diriger la colonie à sa façon. Y compris l'’étrange Wowocka, lequel devient le disciple de l'étrange et puissant dieu du fleuve.
L'’humanité était venue chercher un havre de paix, un nouvel Éden. Mais, loin de la Terre, c'’est l'’enfer de la guerre qui les attend. ​

Mon avis :

Au 31ème siècle, la population de la Terre vit dans des conditions difficiles : surpopulation, climat... Une expédition est décidée pour établir une colonie terrienne sur Bêta IV, une planète lointaine, jeune dont l'écosystème ressemble à celui de la Terre. Il aura fallu 30 ans au Vaisseau pour atteindre la planète. Les Terriens, plongés dans un sommeil cryogénique, se sont réveillés à bord du Vaisseau, mais ce sont les membres de l'équipage qui se sont réveillés en premier.
Une fois l'appareil posé, la découverte du nouveau cadre de vie débute : l'étrange Wowocka, faisant fi des ordres du commandant Kodkine, part en direction du fleuve non loin du site de l'atterrissage. Très vite, les colons et l'équipage forment deux clans : l'exemple premier le plus frappant, fut la découverte de la planète par les colons, alors que l'équipage restait fermement à bord du Vaisseau.
Cependant, des personnages singuliers tel que le sergent Nathan Stone et sa compagne sortent du lot et nous accompagnent par leur questionnement à l'installation sur la planète. Mais celle-ci ne sera pas de tout repos, et la population sera confrontée tout d'abord à des décisions humaines compliquées, mais également par d'étranges insectes venus du fleuve. L'esprit de colonie et d'unité diffère et l'irréel fait figure de réalité.

Il est difficile de résumé si vite et si peu un livre aussi dense et riche. N'étant pas une inconditionnelle de science-fiction, j'ai découvert ce livre avec des yeux neufs. Faisant partie des personnes qui croient à une autre forme de vie dans l'espace (Une telle immensité pour les seuls êtres humains ? Se serait dommage), les voyages galactiques sont pour moi possibles dans le futur. La colonisation d'une planète est, par contre, une étape où déjà plusieurs scientifiques réfléchissent (notre Soleil n'étant pas éternel).

Une pleine dualité de l'être humain.

Ce livre commence doucement et présente la découverte de la planète Bêta IV choisi depuis la Terre. Ce qui est frappant, c'est la description des sentiments et des volontés humaine : la population ayant été choisi (plus de 3 000 personnes) sur base génétique, de leurs compétences et capacité d'adaptation. Cela n'empêche pas d'avoir très vite deux clans se former : l'équipage, qui devient alors l'aspect militaire et rigide avec à sa tête un commandant dont les aspirations personnelles lui font prendre des décisions compliquées, et les côlons qui aspirent non pas à reproduire point par point la Terre, mais souhaitent comprendre la planète sur laquelle ils ont atterri. Ils n'ont pas de véritables chefs au début, les volontés n'étant pas encore bien abordée. Au fur et à mesure de l'histoire, on constate que les dualités et les choix n'ont pas toujours l'unanimité. Ainsi, l'auteur dresse parfaitement la complexité et la difficulté à s'adapter à un nouvel environnement, mais aussi, loin de la Terre, à obéir à un système qui serait plutôt à construire : des erreurs à ne pas reproduire ? Pas de doute !

Une planète d'une richesse foisonnante.

Fermant les yeux, je discerne la planète, les richesses, ses possibilités... Lors d'une réunion pour exposer à l'équipage et aux colons les grandes dispositions pour aménager la planète, le commandant Kodkine donne la parole à un biologiste, mais aussi à un géologue. Cette partie de l'histoire est primordiale et permet au lecteur de donner une identité à bêta IV, mais aussi des repères spatiaux : la direction du fleuve, la montagne, la position du Vaisseau. La couverture du livre lui rend d'ailleurs parfaitement hommage : des couleurs au gigantisme du Vaisseau. La faune comme la flore sont très bien abordés : la flore, tout d'abord, est assez semblable à celle de la Terre. Mais la faune, elle est quasi inexistante : hormis des lézards et des insectes, il manque encore nombre d'années à la planète pour évoluer comme la nôtre.

Une expédition dans le réel.

Je n'ai pas eu l'impression de vivre dans un monde différent, mais je me suis projetée dans le Futur. L'histoire est prenante, les personnages si bien construit qu'il est facile de se projeter dans cette aventure. La psychologie, le caractère jusqu'au point de susceptibilité sont très bien intégré au récit, et le nombre de personnages que l'on rencontre. D'ailleurs, la diversité des caractères et des comportements amènent à l'histoire une véritable réflexion sur le libre-arbitre. Des personnages attachant, et certains qu'on aime détester...

Un monde au delà de la réalité. Le Sacré.

L'auteur met l'accent dès le départ sur un point qui me semble important : pourquoi se comporter sur Bêta IV comme ils se comportaient sur Terre ? Les deux planètes sont différentes et peuplées différemment. Il est important pour certains colons de comprendre le lieu où ils vont vivre et l'appréhender avant de prendre des décisions importantes.

Le Sacré est une notion qui suit l'Homme depuis des millénaires. Mais sur Bêta IV, une forme de divinité est aussi à appréhender, et sans en dire davantage, les réflexions de certains personnages sont terriblement glaçantes de réalisme. Il y a d'ailleurs beaucoup de psychologie et de réflexion autour de ce thème qui n'est pas simple. Et nous arrivons à modifier notre mode de pensée en même temps que les personnages.

J'ai aimé cette lecture, qui m'a plongé dans un Nouveau Monde, mais l'adresse littéraire du lecteur m'a amené à réfléchir sur la condition humaine et les choix : coloniser une nouvelle planète, cela demandera de l'ordre, du courage, mais surtout de la cohésion et du respect. Les règles établies devront être respectées de tous. Mais lorsque les aspirations divergent... Cela peut mener loin...

Tome 2 : "Le septième Cycle" à paraître au mois d'aout 2016 (chouette ce sera pour mon anniversaire ! Happy :-) )

Tome 3 : "Le grand Hiver" à paraître en 2017

En bref :

Un space Opéra réussi amenant le lecteur dans des contrées inconnue mais riches, et une vraie réflexion de la condition humaine et du libre arbitre lorsqu'elle est confrontée à des chemins divers ! Un vrai moment littéraire comme je les aime !

Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Science Fiction

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