L'appel de la forêt

Publié le 7 Juin 2015

L'appel de la forêt

De Jack London, édition le livre de poche, Première édition1986, Littérature aventure.

Résumé :

Admiré par tous et choyé par son maître, le chien Buck n'a vraiment pas de raison de se méfier des humains. Un homme va pourtant l'arracher à son foyer ; un autre va lui enseigner la dure loi du plus fort. Devenu chien de traîneau, Buck découvre la violence, le goût du sang. Des rivalités déchirent la meute dont il fait maintenant partie. Alors que Buck s'éloigne de la civilisation, une voix venue de la forêt éveille dans sa mémoire l'appel de la nature, puissant, irrésistible...

Mon avis :

Roman à première vue jeunesse, il faudra de la maturité et du courage pour passer certaines scènes de ce livre sans larmes et soubresauts de sanglots. Attachée comme je le suis aux animaux, la bêtise humaine et la torture affligée aux animaux est pour moi difficile à comprendre et à supporter.

Buck est un chien vivant dans une grande maison coloniale, veillant sur des enfants et passant le plus clair de son temps à veiller son maitre, un juge bon envers lui. Un jour, il sera vendu par l'un des employé de celui ci, et rencontrera tour à tour des hommes durs, farouches, lui apprenant à coup de gourdin l'obéissance aveugle.

Changeant de propriétaire, il découvre, harnaché à un traineau, la vie dans le grand Nord : en compagnie d'autres chiens, il apprend à sentir la neige sous ses pattes, à prendre les virages et à tirer, encore et encore, son chargement. Il découvrira son amour pour son travail, et sa volonté et l'orgueil de tenir sa place.

Ces propriétaires sont au début réfléchi sans être bienveillant, évitant les risques inutiles. Cependant au fur et à mesure, il se retrouve, lui et ses compagnons face à des personnes dénuée de toute responsabilité et de sens logique, menant le traineau à la catastrophe. Recueilli par John Thornton, il découvre l'amour inconditionnel pour un maitre, mais son aventure ne s'arrête pas là : sentant en lui une force l'appeler dans la forêt, il reconnaît et accueille cet appel : le monde sauvage lui ouvre les bras.

Les débuts chaotiques de Buck dans ce monde du grand Nord et l'âpreté du monde sont dépeints avec réalisme et dureté : il n'y a pas la place pour les sentiments : le travail doit être mené vite et bien. Hommage à ces chiens de traineaux, l'auteur nous fait sentir l'orgueil, la fierté de ces chiens à dépasser sans cesse leurs limites pour avancer dans ces contrées glacées.

La relation Homme - Animal est tour à tour terrible, dérangeante, atroce et bienveillante : les maitres sont tous différents face à leurs chiens, mais voir qu'ils sont capables d'en oublier la raison et obliger les chiens à aller toujours plus loin...

La cruauté envers les animaux est hélas encore tenace de nos jours, sans qu'il n'y ai de réelle raison (ne mentionnons ici que la véritable bêtise humaine). Dépeinte sans ménagement dans ce livre, on se rend compte, à voir le monde des yeux de Buck, que celui ci, si vaste soit il recèle malgré tout des espoirs et des plaisirs.

L'appel de la forêt, c'est aussi ce voyage dans les contrées glacées, ce froid qui prend aux tripes et rend l'histoire plus intense. De plus, à une période de la Ruée vers l'Or, cette histoire démontre également les méconnaissances de certaines personnes : ils se lancent à corps perdus dans une aventure sans avoir toutes les clés en main pour avancer en toute sécurité et éviter les dangers.

Un livre court, mais qui marque par son intensité et cet amour que l'on ressent envers ces animaux puissant et intelligents. Une belle lecture.

« D’autres voix lui parlaient encore. Des profondeurs de la forêt, il entendait résonner tous les jours plus distinctement un appel mystérieux, insistant, formel ; si pressant que parfois, incapable d’y résister, il avait pris sa course, gagné la lisière du bois. Mais là où finissaient les vestiges de vie, près de fouler la terre vierge, un sentiment plus puissant encore que cet appel, l’amour pour son maître, arrêtait sa course impétueuse, le forçait à retourner sur ses pas, à venir reprendre sa place parmi les humains. »

(p113)

En bref :

Un voyage dans le grand Nord, on s'attache à Buck, ressentant avec lui les morsures de son existence. Une belle lecture.

Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Aventure

Repost 0
Commenter cet article

Fred 20/07/2015 10:09

Je n'ai jamais lu L'Appel de la Forêt, mais, gamine, j'avais dévoré et redévoré plusieurs fois Croc Blanc, peut être moins dur (quoique?), mais tout aussi prenant

Sabrina. 20/07/2015 19:41

Pour avoir lu Croc Blanc, je trouve que l'Appel de la Forêt a un côté plus "mature" car il traite plus profondément des caractères humains face à l'animal. De plus, avoir le point de vue de Buck et vivre l'histoire de son point de vue nous plonge dans une autre forme de lecture de récit.