Un cri d'amour au centre du monde

Publié le 21 Avril 2015

Un cri d'amour au centre du monde

De Kyoichi Katayama, édition le livre de poche, 2005, Roman, littérature japonaise.

Résumé :

Qu’advient-il de l’amour quand l’être aimé disparaît ? Sakutaro et Aki se rencontrent au collège dans une ville de province du Japon. Leur relation évolue de l’amitié à l’amour lorsqu’ils se retrouvent ensemble au lycée. En classe de première, Aki tombe malade. Atteinte de leucémie, elle sera emportée en quelques semaines. Sakutaro se souvient de leur premier baiser, de leurs rendez-vous amoureux, du pèlerinage en Australie entrepris en sa mémoire. Quel sens donner à sa souffrance ? Comment pourrait-il aimer à nouveau ?

Mon avis :

Il est des histoires qu'on a du mal à quitter, espérant sans cesse un autre dénouement. Il y en a d'autres, par contre, où l'on sait pertinemment quelle sera l'échéance, et on observe défiler les pages, tel le défilement des jours.

Sakutaro se remémore, en Australie, sa rencontre avec Aki. Il passe en revue les années de collège, et avec poésie et douceur, il met en avant des détails parfois insignifiants, comme les ponctuations d'une voix, la finesse d'un visage qui étaient pour lui important. Avec pudeur, l'auteur nous dépeint les sentiments amoureux unissant ces deux adolescents.

Les personnages sont attachants, et crédibles. La différence culturelle d'avec le Japon évite un comparatif trop dur avec nos adolescents occidentaux : la façon qu'a l'auteur de dépeindre leur relation est totalement différente de ce qu'on peut lire par exemple avec "Roméo et Juliette" de William Shakespeare : la relation est quasi platonique, se suffisant aux rencontres, à la présence de l'autre, a une politesse parfois mièvre, mais toujours dans un profond respect. C'est peut être justement ce qui m'a fait aimer ce livre : il diffère de ce que l'on connaît des couples "occidentaux", en tout cas de la façon dont ils sont présentés dans la littérature.

Kyoichi Katayama explore également les relations familiales grâce à la présence du grand père de Sakutaro : on parle peu de ses parents. Il est très présent, et devient un interlocuteur de choix lorsque Sakutaro se pose des questions sur ses sentiments, sur les raisons de certains de ceux ci. Il pose parfois ses incompréhensions, ayant juste besoin d'une oreille attentive. Le grand père quant à lui le pose en adulte par les confidence qu'il va lui faire.

Parlons un peu plus du style :

Poétique, j'ai eu l'impression tout au long de la lecture d'être dans un parc en automne : j'étais transporté par la douceur et la mélancolie qui ressortent de ces pages. En surface, la lecture semble simpliste, mais comme la littérature japonaise n'est jamais simple, la subtilité réside justement dans cet art de faire simple, de minimaliser : les sentiments et la détresse de Sakutaro ne sont pas exacerbés, colériques ou même poussés dans des retranchements. Bien au contraire, ils sont esquissés.

La fluidité du texte permet de s'enrichir de cette histoire. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une lecture adolescente tant il faut mesurer la complexité des sentiments humains. Mais c'est un récit de vie, comme il en existe tellement dans la réalité. C'est ce qui lui donne une saveur du présent.

En bref :

Un livre touchant et émouvant, plus profond que la simplicité du texte ne laisse présager. A découvrir pour qui aime la littérature japonaise et les histoires d'amour.

Rédigé par Sabrina.

Publié dans #Littérature Roman

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